26 milliards d'euros : la filière renouvelable française répond à la Cour des comptes
Le Syndicat des énergies renouvelables et France renouvelables ont répondu mercredi aux recommandations de la Cour des comptes sur le coût et l'efficacité du soutien public aux énergies renouvelables en France, évalué à 26,3 milliards d'euros depuis 2016.
| Pays cités | France |
|---|---|
| Secteur | Enjeux Énergétiques, Climat, Gaz, Biométhane |
| Thème | Politique publique |
Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et France renouvelables ont répondu mercredi aux recommandations de la Cour des comptes, qui a évalué à 26,3 milliards d'euros le coût des contrats de soutien à la production d'électricité d'origine renouvelable et au biométhane entre 2016 et 2024. Ce montant représente un coût annuel moyen de 2,9 milliards d'euros. Publié mardi, le rapport de la haute juridiction financière porte sur l'efficacité et l'efficience des modalités de soutien aux énergies renouvelables, ainsi que sur la maîtrise, la prévisibilité et l'anticipation de leur coût pour l'État.
Le SER conteste l'image de fraudes généralisées
Jules Nyssen, président du SER, a reconnu la légitimité de la démarche de la Cour. « Que la Cour des comptes cherche à améliorer le pilotage de la dépense publique dédiée est légitime, et en tant que syndicat professionnel nous souscrivons pleinement à cette nécessité », a-t-il déclaré. Il a néanmoins vivement regretté que la Cour « altère le message général de son rapport en laissant entendre l'existence de fraudes généralisées ».
Jules Nyssen indique que la Cour s'appuie sur un seul document administratif dans lequel les suspicions d'écart signalées ne représentent que 0,11 % des contrats de soutien publics en vigueur à fin 2024. Il qualifie de « non-sens » la recommandation d'écarter systématiquement 20 % des projets répondant aux appels d'offres, présentée comme un levier pour renforcer la pression concurrentielle. Selon lui, les tensions au Moyen-Orient, qui font flamber les prix des hydrocarbures, devraient « au contraire inviter tous collectivement à accélérer la transition énergétique ».
France renouvelables pointe le cadre administratif le plus contraignant d'Europe
France renouvelables a mis en cause la complexité croissante du cadre de développement français. L'association indique que le coût du soutien public « est directement lié au cadre de développement fixé par l'État », progressivement alourdi par des restrictions, des contraintes supplémentaires et un allongement des délais administratifs. Elle affirme que la France se distingue désormais par « le cadre de développement le plus contraignant d'Europe », ce qui pèse directement sur la compétitivité des projets et, mécaniquement, sur le niveau de soutien nécessaire.
Jérémie Almosni, délégué général de France renouvelables, a replacé le débat dans une perspective de résilience nationale. « Dans un contexte de forte volatilité des énergies fossiles, les énergies renouvelables ne sont pas seulement une ligne de dépense : elles sont un investissement dans notre souveraineté et notre résilience énergétique », a-t-il indiqué. Les deux organisations maintiennent que le dispositif de soutien est d'une « très grande transparence » et constitue un levier structurel pour le système énergétique français.











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