La CERAWeek s'ouvre à Houston sous le choc de la guerre au Moyen-Orient
Plus de 10 000 professionnels de l'énergie se réunissent cette semaine à Houston pour la CERAWeek, une conférence recentrée en urgence autour des frappes israélo-américaines sur les sites de production pétrolière au Moyen-Orient.
| Pays cités | États-Unis, Venezuela |
|---|---|
| Secteur | Pétrole, Exploration production, Gaz, Gaz naturel |
| Thème | Politique & Géopolitique, Sécurité énergétique |
La CERAWeek, le plus grand forum mondial de l'énergie, s'ouvre lundi à Houston avec plus de 10 000 participants attendus. La conférence se tient dans un contexte inédit : des frappes militaires ciblent désormais directement les sites de production pétrolière et gazière au Moyen-Orient, et non plus leur seul stockage et acheminement — une situation qui embrase les marchés énergétiques. Les organisateurs ont revu leur programme en urgence, ajoutant des sessions spéciales consacrées au conflit. La crise fait vaciller l'économie mondiale tandis que les prix du pétrole et du gaz ne cessent de flamber.
La plus grande perturbation de l'histoire du marché pétrolier
Daniel Yergin, vice-président de S&P Global et président de la CERAWeek, a averti lors d'un briefing : « Nous assistons à la plus grande perturbation de l'histoire du marché mondial du pétrole. » « Jamais auparavant un événement d'une telle ampleur ne s'était produit », a-t-il ajouté. L'instabilité énergétique s'étend au-delà du seul Moyen-Orient, certains pays affichant des réserves gazières au plus bas. Mark Brownstein, vice-président du Fonds pour la défense de l'environnement, présent chaque année à la conférence, a déclaré à l'AFP : « Ce sera une CERAWeek qui restera dans les annales. »
Les sessions prévues couvrent un large spectre : échanges commerciaux internationaux, intelligence artificielle (IA), terres rares et fusion nucléaire. Investisseurs, dirigeants d'entreprises, responsables politiques et experts sont attendus dès lundi matin.
Chris Wright en ouverture, les grands patrons en renfort
Les acteurs du marché scruteront la prise de parole du ministre américain de l'Énergie, Chris Wright, prévue à 13h40 GMT en ouverture de la conférence, pour toute annonce relative au conflit ou à d'éventuelles mesures de l'administration Trump visant à contenir la hausse des prix. Plusieurs dirigeants majeurs interviennent tout au long de la semaine, dont Michael Wirth (Chevron), Patrick Pouyanné (TotalEnergies), Wael Sawan (Shell) et Jack Fusco (Cheniere Energy).
Comme lors de l'édition précédente, la politique climatique de l'administration Trump sera particulièrement scrutée. Depuis son retour au pouvoir pour un second mandat, Donald Trump a de nouveau retiré les États-Unis de l'Accord de Paris, relancé l'exploitation du charbon et démantelé plusieurs normes environnementales adoptées par les gouvernements précédents. Texas Campaign for the Environment a prévu un rassemblement le jour de l'ouverture de la CERAWeek.
Le Venezuela dans le collimateur des investisseurs en énergie
L'édition 2026 verra prendre la parole Maria Corina Machado, cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix, lors d'une session mardi consacrée à l'« avenir du Venezuela ». Malgré ses vastes réserves d'hydrocarbures, le pays sud-américain était passé au second plan pour les acteurs du secteur en raison de l'embargo pétrolier américain, de la mainmise de l'État sur les ressources et d'un appareil de production en déréliction.
La capture de l'ancien président Nicolas Maduro par les Américains le 3 janvier a modifié les perspectives : Washington lève ses sanctions, incite à investir dans le pays et entend tirer profit de ses ressources énergétiques. « Je suis ravie de montrer au monde entier ce qu'un nouveau Venezuela sera capable d'accomplir en libérant notre potentiel énergétique illimité », a déclaré Mme Machado sur X, en réponse à l'invitation de la CERAWeek.










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