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Eneris dépose le bilan de Naarea après avoir été contraint de reprendre la start-up nucléaire

Le groupe Eneris invoque une « impasse technologique » pour justifier sa décision de déposer le bilan de Naarea, la start-up française spécialisée dans les microréacteurs nucléaires, quelques jours après y avoir été contrainte par la justice.

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Eneris dépose le bilan de Naarea après avoir été contraint de reprendre la start-up nucléaire

Pays citésFrance, Luxembourg, Pologne
SecteurÉnergie Nucléaire
ThèmeRisques & Événements

Le groupe polonais et luxembourgeois Eneris a annoncé sa décision de déposer le bilan de Naarea, start-up nucléaire française dont il venait d’être désigné repreneur par le tribunal des activités économiques (TAE) de Nanterre. Cette décision intervient après le retrait de son offre de reprise le 14 janvier, suivi le lendemain d’une ordonnance judiciaire l’obligeant à honorer ses engagements. Eneris justifie ce revirement par la découverte d’éléments qui auraient été dissimulés lors du processus de cession.

Des éléments « dissimulés » selon le repreneur

Selon Eneris, la remise en cause de son offre s’explique par « la découverte, postérieurement » au dépôt de l’offre et à l’audience du tribunal, « d’éléments juridiques, sociaux et technologiques qui avaient été dissimulés ». Le groupe affirme que ces éléments « invalident la thèse d’investissement » sur laquelle reposait son offre. Il estime que Naarea « se trouve en réalité aujourd’hui dans une impasse technologique sur son projet de microréacteur à neutrons rapides ».

Le repreneur semble remettre en question la capacité de Naarea à commercialiser son microréacteur au cours de la prochaine décennie. Cette « impasse technologique » constituerait, selon Eneris, une « absence de toute pérennité possible » justifiant le retrait de dernière minute de son offre de reprise.

Une décision judiciaire contestée

Face au refus du tribunal de prendre en compte ses arguments, Eneris indique n’avoir « pas d’autre choix que de déposer le bilan » de Naarea « afin de préserver les intérêts des parties en cause et notamment des salariés ». Le groupe précise avoir informé les équipes de Naarea de sa décision le lundi précédant l’annonce. Dans sa décision, le tribunal avait pourtant souligné que l’offre d’Eneris permettait « d’éviter les licenciements des salariés repris dans le cadre d’un projet sérieux ». L’offre prévoyait la reprise de 108 des 206 salariés qu’employait l’entreprise avant son placement en redressement judiciaire en septembre 2025.

Une start-up pionnière des SMR en France

Fondée en 2020, Naarea s’était positionnée dans le développement d’un modèle de mini-réacteur nucléaire à sels fondus et neutrons rapides. Cette technologie vise à produire de l’électricité et de la chaleur décarbonée pour les industries, à partir de combustibles d’uranium usés. La start-up avait été l’une des premières à bénéficier du soutien de l’État français dans le cadre de l’ambition gouvernementale de promouvoir les Small Modular Reactors (SMR) et les réacteurs de quatrième génération dits Advanced Modular Reactors (AMR).

L’échec de cette reprise soulève des interrogations sur l’avenir des 206 salariés de Naarea et sur la capacité de la filière française des petits réacteurs modulaires à attirer des investisseurs face aux défis technologiques et réglementaires du secteur.

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