L'UE refuse d'étendre la mission Aspides au détroit d'Ormuz et privilégie la diplomatie
Les chefs de la diplomatie de l'Union européenne ont écarté lundi toute modification du mandat de la mission navale Aspides, déployée en mer Rouge, refusant de l'étendre au détroit d'Ormuz malgré les pressions américaines.
| Pays cités | France, Allemagne, Espagne, États-Unis, Iran |
|---|---|
| Secteur | Pétrole, Gaz, GNL |
| Thème | Sécurité énergétique, Diplomatie |
Réunis à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) ont rejeté lundi l'idée de redéployer la mission navale Aspides vers le détroit d'Ormuz. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a indiqué à l'issue de la réunion qu'il n'existe «pour l'instant» aucune volonté de modifier le mandat de cette opération. «Personne ne veut participer activement à cette guerre», a-t-elle déclaré devant la presse. La voie diplomatique reste la priorité affichée par Bruxelles.
Un mandat ancré en mer Rouge
Composée de trois navires militaires, la mission Aspides opère actuellement en mer Rouge, où elle protège les navires marchands des attaques des rebelles houthis, alliés de l'Iran. Pour intervenir dans le détroit d'Ormuz, l'opération nécessiterait une révision formelle de son mandat, ce qu'aucun État membre ne semble disposé à soutenir. «Nous pensons que le mandat actuel d'Aspides est correct et qu'il ne nécessite aucune modification», a souligné le ministre espagnol des Affaires étrangères Jose Manuel Albares. Plusieurs capitales ont exprimé leurs réticences avant même l'ouverture des discussions.
L'Allemagne a conditionné toute évolution à une clarification préalable des objectifs américains et israéliens. Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadepuhl a jugé nécessaire de savoir à quel moment Washington et Tel Aviv estimeraient avoir «atteint leurs objectifs», avant d'envisager une «architecture de sécurité» pour l'ensemble de la région, impliquant également l'Iran. Le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani a lui aussi plaidé pour la primauté du dialogue: «Pour ce qui est d'Ormuz, je crois que la voie diplomatique doit prévaloir», a-t-il déclaré.
Un cinquième du trafic mondial en jeu
Le détroit d'Ormuz constitue un point de passage critique pour l'économie mondiale. Un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) y transite, alimentant les économies asiatiques et européennes. Le président américain Donald Trump a accentué ce week-end la pression sur ses alliés et sur la Chine pour qu'ils déploient des navires de guerre dans ce couloir stratégique. Lundi, il a qualifié de «pas parfaite» la réponse obtenue de son homologue français Emmanuel Macron lors d'un entretien téléphonique dimanche.
Le président français avait évoqué le 9 mars une mission internationale «purement défensive» destinée à rouvrir le détroit, en précisant toutefois qu'une telle initiative ne pourrait intervenir qu'«après la sortie de la phase la plus chaude du conflit», sans clarifier le rôle qu'y jouerait éventuellement Aspides. Kaja Kallas a indiqué que l'UE «parle avec différentes parties» pour favoriser un retour à la diplomatie. L'écart persistant entre la demande américaine d'un engagement militaire immédiat et la prudence européenne illustre les divergences transatlantiques sur la gestion de cette crise régionale.










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