FÖS : l'électricité au gaz coûte deux à trois fois les renouvelables de secours
Une étude du FÖS commandée par Green Planet Energy révèle que l'électricité produite par des centrales au gaz en Allemagne revient deux à trois fois plus cher que les solutions de backup renouvelables, externalités comprises.
| Pays cités | Allemagne, Russie, Ukraine, Iran |
|---|---|
| Sociétés citées | Green Planet Energy |
| Secteur | Gaz, Gaz naturel, Énergie Solaire, Photovoltaïque |
| Thème | Marchés & Finance, Analyse sectorielle |
L'électricité produite par des centrales au gaz de 500 MW fonctionnant 1 000 heures par an — hypothèse réaliste pour une exploitation en mode de secours — affiche un coût nivelé de 0,192 €/kWh, dont 0,068 €/kWh pour la seule composante gaz. L'ajout du prix du carbone dans le cadre du marché d'échange de quotas d'émissions (SEQE), fixé à 100 € par tonne de CO₂, porte ce coût à 0,23 €/kWh. Lorsque les coûts externalisés — ceux non supportés par l'exploitant — sont intégrés, la fourchette s'élève à 0,35–0,67 €/kWh. C'est ce que révèle une étude publiée par le Forum pour une économie de marché écologique et sociale (FÖS), groupe de réflexion sur l'énergie basé à Berlin, à la demande de Green Planet Energy.
Un écart deux à trois fois supérieur aux renouvelables
L'étude compare ces coûts nivelés avec ceux de l'éolien et du solaire photovoltaïque (PV), qui restent inférieurs à 0,10 €/kWh même dans des scénarios conservateurs. Elle conclut que les centrales au gaz constituent « l'une des options les plus coûteuses pour la sécurité d'approvisionnement », selon FÖS. Les alternatives renouvelables permettraient d'éviter des postes de coûts tels que les dommages climatiques liés au CO₂ et au méthane, les subventions gouvernementales, les coûts de crise et les dépendances à long terme aux importations fossiles.
Les crises géopolitiques amplifient ce différentiel. L'invasion de l'Ukraine par la Russie illustre comment des chocs externes peuvent faire grimper les coûts nivelés du gaz naturel jusqu'à 0,53 €/kWh, hors dommages climatiques. Les tensions liées à la guerre en Iran ont confirmé la même dynamique : les pics de prix du gaz se répercutent directement sur le coût de l'électricité produite à partir de cette ressource. L'Allemagne importe 95 % de son gaz naturel, ce qui l'expose structurellement à ces aléas.
Des subventions massives et un impact climatique sous-estimé
Les nouvelles centrales au gaz sont non rentables sans soutien public. L'étude indique que les 10 GW de capacité gaz initialement prévus par le gouvernement fédéral allemand nécessiteraient environ 6,6 milliards d'euros de subventions. Florian Zerzawy, auteur principal de l'étude et responsable de la politique énergétique chez FÖS, précise que l'Allemagne subventionne déjà massivement le gaz naturel — aides de plusieurs milliards d'euros aux terminaux de stockage et de gaz naturel liquéfié (GNL), exonérations fiscales pour la production d'électricité — ce qui abaisse artificiellement ses coûts et fausse la concurrence face aux renouvelables.
L'impact climatique du gaz est par ailleurs systématiquement sous-estimé selon l'étude. Chaque nouvelle centrale émet jusqu'à 8,4 millions de tonnes de CO₂ sur sa durée de vie, générant des dommages climatiques pouvant atteindre 7 milliards d'euros non couverts par le prix du carbone. Pour l'Allemagne, qui importe 95 % de son gaz, une large part de ces émissions se produit à l'étranger lors de l'extraction et du transport. Selon les sources d'approvisionnement et les modes de transport, le gaz naturel peut s'avérer plus dommageable pour le climat que le charbon, d'après FÖS.
Stockage, bioénergie et hydrogène vert comme alternatives
Le stockage d'énergie, la bioénergie et l'hydrogène vert offriraient selon l'étude des coûts comparables ou inférieurs à ceux du gaz naturel pour assurer la sécurité d'approvisionnement. Sönke Tangermann, membre du conseil d'administration de Green Planet Energy, avance que ces alternatives évitent les pics de prix géopolitiques qui pèsent régulièrement sur les coûts des combustibles fossiles. L'organisation appelle à des appels d'offres technologiquement neutres, à des conditions d'investissement stables pour les renouvelables et à une plus grande flexibilité du réseau électrique.










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