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FÖS chiffre les coûts du gaz à trois fois ceux des renouvelables allemands

L'électricité produite par des centrales au gaz naturel atteindrait entre 0,35 et 0,67 €/kWh en intégrant les coûts externalisés, contre moins de 0,10 €/kWh pour l'éolien et le solaire, selon une étude FÖS.

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FÖS chiffre les coûts du gaz à trois fois ceux des renouvelables allemands

Pays citésAllemagne, Iran, Russie, Ukraine
Sociétés citéesGreen Planet Energy
SecteurGaz, Gaz naturel, Énergie Solaire, Photovoltaïque
ThèmeMarchés & Finance, Analyse sectorielle

Une centrale au gaz naturel de 500 MW exploitée 1 000 heures par an — hypothèse réaliste pour une unité de secours — affiche un coût actualisé de l'électricité (LCOE) de 0,192 €/kWh, dont 0,068 €/kWh imputable au seul approvisionnement en gaz. L'intégration du système d'échange de quotas d'émissions (ETS) au prix de 100 € par tonne de CO₂ porte ce chiffre à 0,23 €/kWh. L'ajout des coûts externalisés — ceux que l'opérateur ne supporte pas directement — pousse le total entre 0,35 et 0,67 €/kWh.

Un coût structurellement supérieur aux alternatives renouvelables

Ces calculs sont issus d'une étude publiée par FÖS, think tank berlinois spécialisé en politique énergétique, commandée par le fournisseur d'énergie Green Planet Energy. Les auteurs concluent que les centrales au gaz planifiées par le gouvernement fédéral allemand, comme appoint à un réseau électrique de plus en plus renouvelable, constituent "l'une des options les plus coûteuses pour la sécurité d'approvisionnement". Par comparaison, l'éolien et le photovoltaïque (PV) affichent un LCOE inférieur à 0,10 €/kWh, même sous des hypothèses conservatrices.

L'étude souligne la dimension géopolitique du risque gazier. Des chocs de prix similaires à ceux provoqués par la guerre en Iran illustrent la rapidité avec laquelle le gaz peut devenir un facteur de risque pour la production électrique. L'invasion de l'Ukraine par la Russie a déjà démontré ce mécanisme : les coûts actualisés du gaz naturel peuvent alors atteindre 0,53 €/kWh, hors dommages climatiques.

Des subventions massives pour des centrales jugées non rentables

Sans soutien public, les nouvelles centrales au gaz ne sont pas rentables, selon l'étude. Pour les 10 GW de capacité gaz initialement envisagés par le gouvernement fédéral, les coûts de soutien sont estimés à environ 6,6 milliards d'euros. Florian Zerzawy, auteur principal de l'étude et responsable de la politique énergétique chez FÖS, indique que l'Allemagne subventionne déjà massivement le gaz naturel, notamment via des aides multi-milliardaires destinées aux infrastructures de stockage et aux terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL), ainsi que des exonérations fiscales pour la production électrique.

Ces aides abaissent artificiellement le coût de l'électricité gazière et faussent la concurrence avec les renouvelables, selon M. Zerzawy. Chaque nouvelle centrale émettrait jusqu'à 8,4 millions de tonnes de CO₂ sur sa durée de vie, générant des dommages climatiques estimés à 7 milliards d'euros non couverts par le prix du carbone. Pour l'Allemagne, qui importe 95 % de son gaz, une grande part de ces émissions survient à l'étranger lors de l'extraction et du transport, précise l'étude.

Stockage et hydrogène vert présentés comme alternatives compétitives

L'étude avance que le stockage d'énergie, la bioénergie et l'hydrogène vert permettraient de produire de l'électricité à des coûts comparables ou inférieurs à ceux du gaz naturel. Sönke Tangermann, membre du conseil d'administration de Green Planet Energy, souligne que ces solutions évitent les hausses de prix géopolitiques qui grèvent régulièrement les coûts des énergies fossiles. L'organisation appelle à des appels d'offres technologiquement neutres, à des conditions d'investissement stables pour les renouvelables et au renforcement de la flexibilité du réseau électrique.

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