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France : les émissions de gaz à effet de serre ne reculent que de 1,6% en 2025

La France affiche une baisse de ses émissions de gaz à effet de serre trois fois inférieure au rythme requis pour atteindre la neutralité carbone. Les secteurs des transports et du bâtiment accusent un retard marqué.

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France : les émissions de gaz à effet de serre ne reculent que de 1,6% en 2025

Pays citésAllemagne, France, États-Unis
Sociétés citéesCITEPA
SecteurEnjeux Énergétiques
ThèmeMarchés & Finance

Le Citepa, organisme mandaté pour établir le bilan carbone français, estime le recul des émissions de gaz à effet de serre à 1,6% pour l’année 2025. Ce chiffre reste largement en deçà de l’objectif annuel de -4,6% fixé par la Stratégie nationale bas carbone (SNBC-3), feuille de route actualisée en décembre pour atteindre la neutralité carbone en 2050. L’organisme a revu à la hausse son estimation initiale de -0,8%, invoquant des mises à jour d’indicateurs et des corrections méthodologiques. Les données consolidées seront publiées en juin.

Un ralentissement confirmé depuis 2024

La décélération observée contraste avec les performances des années précédentes. Les émissions avaient diminué de 6,8% en 2023 et de 3,9% en 2022, avant de ralentir à -1,8% en 2024. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a qualifié cette baisse de signal encourageant mais insuffisant, appelant à une remobilisation collective des secteurs émetteurs. Anne Bringault, directrice des programmes du Réseau action climat (RAC), souligne que la France devrait accélérer sa sortie des énergies fossiles pour des raisons de souveraineté et de sécurité.

Les transports, les bâtiments et l’énergie figurent parmi les secteurs les plus en retard dans leur transition bas carbone, selon le Citepa. Le Haut conseil pour le climat alertait déjà l’an dernier sur la dépendance des résultats à des facteurs conjoncturels comme la météo.

Des performances sectorielles contrastées

L’industrie enregistre la baisse la plus marquée avec -3,4%, mais cette évolution s’inscrit dans un contexte de diminution continue de l’activité, particulièrement dans la chimie, la production de ciment et la métallurgie. L’agriculture contribue également au recul, principalement en raison de la réduction du cheptel bovin. Les transports affichent une diminution liée à la baisse des consommations de carburants routiers.

Le secteur du bâtiment présente une légère baisse, associée aux variations des consommations de fioul et de gaz naturel, mais reste très éloigné de l’effort requis. Les émissions du secteur de l’énergie demeurent quasi-stables après les importantes baisses des années précédentes. La production d’électricité, déjà largement décarbonée grâce au nucléaire et aux renouvelables, voit son recul limité par une reprise d’activité dans le raffinage des hydrocarbures.

Une tendance européenne et mondiale préoccupante

L’Allemagne présente un profil similaire avec une réduction de seulement 1,5% de ses émissions en 2025, selon une estimation du groupe d’experts Agora Energiewende. L’Union européenne vise une réduction de 90% de ses émissions d’ici 2040 par rapport à 1990 et affichait -37% en 2023. Aux États-Unis, les émissions ont au contraire progressé de 2,4% en 2025, entraînées par un hiver rigoureux et l’essor de l’intelligence artificielle, d’après le centre d’analyse Rhodium Group.

Cette trajectoire place les pays développés face à des secteurs plus difficiles ou coûteux à décarboner, notamment l’automobile et l’immobilier, après avoir incité à la sobriété énergétique dans le contexte de la guerre en Ukraine. L’écart entre les ambitions affichées et les résultats obtenus interroge sur la capacité des États européens à tenir leurs engagements climatiques à l’horizon 2030.

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