France: l’ASN plaide pour un Plan Marshall du Nucléaire

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L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) alerte sur la nécessité de retrouver des “marges” pour le système électrique, confronté à une série de problèmes. Elle estime que la construction de nouveaux réacteurs nucléaires nécessiterait un véritable “plan Marshall”.

La France face à une disponibilité historiquement basse du parc nucléaire

Son président Bernard Doroszczuk souligne, à l’occasion de ses voeux à la presse, la situation “inédite” du parc nucléaire français cet hiver. Avec une disponibilité à des niveaux historiquement bas pour de nombreuses raisons.

Des problèmes de corrosion, inattendus, ont dernièrement conduit à l’arrêt de 5 réacteurs d’EDF en plein hiver, accroissant un peu plus la tension déjà forte sur l’approvisionnement électrique.

“Cette accumulation d’événements sur le parc nucléaire illustre le besoin impératif (…) de maintenir des marges dans le dimensionnement du système électrique et des installations, pour pouvoir faire face à des aléas et ne pas mettre en concurrence les décisions à prendre lorsqu’il y a un risque pour la sûreté”, relève M. Doroszczuk.

Autrement dit, ces “marges” doivent permettent d’éviter l’arbitrage impossible entre la sûreté et la sécurité d’approvisionnement.

Sûreté et décarbonation au même niveau de préoccupation

Pour l’avenir, le président de l’ASN demande aussi que “les préoccupations de sûreté nucléaire soient dès à présent intégrées dans les choix de politique énergétique, au même niveau que les préoccupations de production d’électricité décarbonée à horizon 2050”.

Il signale notamment que la prolongation des réacteurs nucléaires au-delà de 50 ans n’est pas “acquise”. Les scénarios reposant sur la prolongation des réacteurs après 60 ans repose aussi sur des hypothèses “non justifiées”.

“Il ne faudrait pas que, faute d’anticipation suffisante, la poursuite de fonctionnement des réacteurs nucléaires résulte d’une décision subie au regard des besoins électriques, ou hasardeuse en matière de sûreté”, avertit M. Doroszczuk.

Véritable Plan Marshall du nucléaire

Le président de l’ASN évoque encore les défis pour la filière, notamment si le choix de relancer la construction de nouveaux réacteurs, annoncé par le président Emmanuel Macron en novembre 2021, était confirmé.

“Si le nucléaire fait partie des choix faits pour assurer un mix énergétique décarboné et robuste à horizon 2050, la filière nucléaire devra mettre en place un véritable plan Marshall pour rendre industriellement soutenable cette perspective, et disposer des compétences lui permettant de faire face à l’ampleur des projets et à leur durée”, précise-t-il.

Le gendarme du nucléaire a aussi une nouvelle fois alerté sur l’urgence à trouver “des solutions concrètes et sûres de gestion des déchets”.

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