Gaz : Berlin accuse Moscou
Le ministre allemand de l'Énergie accuse la Russie d'utiliser l'énergie "comme une arme" suite aux sanctions européennes.

Gaz russe

Le ministre allemand de l’Energie a accusé jeudi la Russie d’utiliser désormais l’énergie “comme une arme” après les sanctions imposées par Moscou à plus de 30 sociétés énergétiques occidentales et la réduction observée des flux de gaz vers l’Europe.

Berlin accuse Moscou

“La situation s’aggrave car l’énergie est désormais utilisée comme une arme de plusieurs manières”, a indiqué Robert Habeck lors d’une conférence de presse.

La Russie a imposé mercredi des sanctions contre plus de 30 sociétés énergétiques occidentales, dont la plupart appartiennent à Gazprom Germania, la filiale allemande du géant gazier russe. L’État allemand a placé cette entreprise sous son contrôle en raison de son importance stratégique.

Le transit de gaz russe par les gazoduc traversant l’Ukraine est également réduit depuis mercredi, une station de transit à la frontière russo-ukrainienne étant à l’arrêt. Les flux devraient baisser de près d’un tiers jeudi par rapport à la veille, quand il avait déjà été réduit de 20% en 24h.

En conséquence, l’arrivée de gaz russe via l’Ukraine dans la première économie européenne a baissé de quelque 40% en deux jours, selon les données des opérateurs.

Les livraisons via Sokhranivka ne sont plus garanties

L’Ukraine dit depuis deux jours qu’elle ne peut plus garantir les livraisons via Sokhranivka, dans la région de Lougansk, en raison de la présence des forces armées russes, et a demandé à Gazprom d’accroître les volumes sur un autre site, Soudja. Moscou en retour affirme que le transit peut parfaitement se faire via Sokhranivka, alors que réorienter le flot vers Soudja est impossible.

L’Allemagne, dont l’économie est très dépendante du gaz russe, a affirmé mercredi pouvoir compenser le manque par des achats d’énergie en Norvège et aux Pays-Bas.

Le pays, qui tente de réduire cette dépendance, est désormais dans une course pour remplir ses réserves avant l’hiver prochain. “Les stocks doivent être pleins avant l’été, sinon nous serons dans une situation où il est facile de nous faire du chantage”, a prévenu M. Habeck.

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