L'Allemagne étudie une taxe sur les surprofits pétroliers face à la flambée
Berlin étudie l'introduction d'une taxe sur les surprofits des compagnies pétrolières, dont les recettes serviraient à financer des allègements fiscaux rapides pour les ménages les plus exposés à la flambée des prix des carburants.
| Pays cités | Allemagne, Iran, Israël, États-Unis |
|---|---|
| Secteur | Pétrole, Carburants |
| Thème | Régulation & Gouvernance, Politique publique, Marchés & Finance, Prix |
Le gouvernement allemand étudie l'introduction d'une taxe sur les surprofits des groupes pétroliers, selon le ministère des Finances. Lars Klingbeil, ministre des Finances, a chargé ses services d'examiner ce dispositif, dont les recettes serviraient à financer des allègements fiscaux rapides. Parmi les mesures envisagées figurerait une revalorisation de l'indemnité kilométrique déductible de l'impôt sur le revenu pour les trajets domicile-travail. Les bénéficiaires seraient en priorité « ceux qui sont le plus durement touchés par la flambée des prix des carburants », selon la même source.
Une flambée amplifiée par la triple taxation allemande
La première économie européenne subit de plein fouet la hausse des coûts des carburants déclenchée par le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, attaqué par Israël et les États-Unis. Cette guerre au Moyen-Orient frappe également des millions de consommateurs français. En Allemagne, une triple taxation portant sur l'énergie, le carbone et la valeur ajoutée (TVA) amplifie les hausses de prix à la pompe au-delà de la moyenne européenne, d'après le ministère. La situation s'inscrit dans un contexte déjà fragilisé par une crise industrielle tenace et des tensions commerciales persistantes.
D'autres pays européens ont adopté des réponses immédiates distinctes. L'Italie a ainsi réduit les taxes sur les carburants de 25 centimes par litre pour une durée de vingt jours. Contrairement à une taxe sur les surprofits, cette mesure d'allègement agit directement sur le prix à la pompe sans modifier la fiscalité des entreprises.
Un précédent européen établi en 2022
Une taxe sur les surprofits du secteur énergétique avait déjà été introduite à titre temporaire au niveau européen en 2022, au lendemain du début de l'invasion russe en Ukraine. L'Allemagne avait alors engrangé près de deux milliards d'euros grâce à ce mécanisme, puis quelque 465 millions d'euros l'année suivante. Le ministère des Finances rappelle qu'il appartient à la Commission européenne de proposer un nouveau dispositif conforme au droit communautaire, Berlin ne pouvant agir unilatéralement sur ce terrain.
TotalEnergies a de son côté plafonné ses carburants à 1,99 €/L face à la volatilité des marchés, illustrant les pressions qui s'exercent sur l'ensemble de la filière. La question d'une coordination à l'échelle de l'Union européenne reste posée, la Commission étant seule habilitée à proposer un cadre applicable à tous les États membres.
Renforcement des contrôles et déblocage des réserves stratégiques
Le Parlement allemand examine par ailleurs un projet de loi gouvernemental visant à renforcer le contrôle des prix des carburants. Le texte obligerait les compagnies pétrolières soupçonnées d'abus à démontrer qu'elles ont agi légalement, inversant ainsi la charge de la preuve. Une semaine plus tôt, la ministre de l'Économie Katherina Reiche avait annoncé le déblocage d'une partie des réserves stratégiques du pays. Elle avait également interdit aux stations-service d'augmenter leurs prix plus d'une fois par jour. Ces mesures d'urgence traduisent la volonté du gouvernement de multiplier les leviers d'action face à une crise énergétique d'origine géopolitique.










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