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Le sommet de Hambourg vise 300 GW d’éolien offshore en mer du Nord d’ici 2050

Des dirigeants européens se réunissent lundi en Allemagne pour discuter de leur coopération énergétique en mer du Nord. Les ambitions américaines sur le Groenland et les menaces russes s’invitent dans les débats.

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Le sommet de Hambourg vise 300 GW d’éolien offshore en mer du Nord d’ici 2050

Pays citésAllemagne, Danemark, Norvège, Russie
Sociétés citéesE3G, Commission européenne, OTAN
SecteurÉnergie Éolienne
ThèmePolitique & Géopolitique

Le sommet international de la mer du Nord se tient à Hambourg pour sa troisième édition. Ce forum, créé dans le sillage de la guerre en Ukraine, vise à réduire la dépendance énergétique européenne vis-à-vis de la Russie. La Première ministre danoise Mette Frederiksen, des représentants de l’Islande, de la Commission européenne et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) participent à cette rencontre. Les chefs de gouvernement norvégien, néerlandais, irlandais, belge et luxembourgeois ont confirmé leur présence, aux côtés du ministre français de l’Économie et de son homologue britannique.

Des ambitions contrariées par le contexte géopolitique

L’avenir du Groenland, territoire autonome danois convoité par Washington, n’apparaît pas officiellement à l’ordre du jour. Le sujet devrait néanmoins s’inviter dans les discussions, selon Steffen Meyer, porte-parole du chancelier Friedrich Merz. Ce dernier a déclaré jeudi souhaiter que la mer du Nord devienne le plus grand réservoir mondial d’énergie propre. Lors du sommet de 2023, les pays membres ont convenu d’installer jusqu’à 300 gigawatts (GW) de capacité éolienne offshore à l’horizon 2050.

L’objectif intermédiaire de 120 GW pour 2030 ne sera pas atteint sans effort supplémentaire, selon un rapport du cabinet Baringa. Le sommet abordera la situation qualifiée de difficile par des sources gouvernementales. Manque d’investissements, déficit de coordination entre pays, coût élevé des matières premières, hostilité de Donald Trump envers les éoliennes et concurrence chinoise constituent les principaux obstacles identifiés.

Les infrastructures sous la menace d’attaques hybrides

La mer du Nord, à l’instar de la mer Baltique, fait l’objet d’attaques hybrides imputées à la Russie. Des cargos russes qualifiés d’espions approchent des infrastructures stratégiques : parcs éoliens, gazoducs et câbles de communication. En Allemagne, les survols de drones au-dessus d’installations sensibles se multiplient. Une étude du groupe de réflexion E3G suggère que les éoliennes pourraient contribuer à la sécurité en intégrant des appareils de surveillance ou des drones.

Simon Skillings, coauteur du rapport, souligne auprès de l’AFP le faible niveau de coordination entre les secteurs militaire et énergétique dans cette zone. L’expert observe qu’une infrastructure énergétique dispersée, comme les éoliennes, s’avère plus difficile à neutraliser. La filière éolienne dépend par ailleurs lourdement des terres rares chinoises. Certains composants importés suscitent des préoccupations en raison de leur intégration d’intelligence artificielle, selon M. Skillings.

Souveraineté industrielle et sécurité maritime

Le président américain a rétracté sa menace de s’emparer par la force du Groenland lors du forum de Davos. Il a annoncé un cadre d’accord avec ses alliés de l’Otan. Les Européens restent toutefois vigilants face aux ambitions de Donald Trump, qui justifie son intérêt pour cette île par la volonté de la protéger de la Russie et de la Chine. Le chancelier Friedrich Merz estime nécessaire d’accorder une attention accrue à toutes les parties du territoire européen de l’Otan, en particulier au Nord. La capacité des Européens à développer l’éolien offshore tout en sécurisant leurs infrastructures critiques déterminera leur autonomie énergétique dans les décennies à venir.

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