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L’Indonésie abandonne le biodiesel B50 et relève ses taxes à l’exportation d’huile de palme

Jakarta renonce à son programme de biodiesel B50 pour 2026 et maintient le B40. Le gouvernement augmentera les prélèvements sur les exportations d’huile de palme brute à 12,5 % dès mars pour financer ses subventions au biocarburant.

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L’Indonésie abandonne le biodiesel B50 et relève ses taxes à l’exportation d’huile de palme

Pays citésIndonésie, Malaisie
SecteurÉnergie Biomasse
ThèmeMarchés & Finance

L’Indonésie a annoncé l’abandon de son projet de carburant B50, un mélange contenant 50 % de biodiesel à base d’huile de palme et 50 % de diesel conventionnel. Le premier producteur mondial d’huile de palme conservera son mandat B40 actuel, composé de 40 % de biodiesel. Selon les responsables gouvernementaux, cette décision résulte de préoccupations techniques et de contraintes de financement.

Des essais techniques toujours en cours

Le lancement du B50 était initialement prévu pour le second semestre 2026. Le gouvernement révise désormais le calendrier des essais, notamment pour les trains, les équipements lourds et les machines industrielles, selon Eniya Listiani Dewi, responsable au ministère de l’Énergie. Le vice-ministre de l’Énergie et des Ressources minérales, Yuliot Tanjung, a justifié ce maintien du B40 par l’augmentation prévue de la production de diesel de la raffinerie de Balikpapan.

Le ministère indonésien de l’Énergie a alloué 15,65 millions de kilolitres de biodiesel à base d’huile de palme pour le mandat 2026. Sur ce volume, 7,45 millions de kilolitres bénéficieront de subventions. L’extension progressive du programme, passé du B15 en 2015 au B40 aujourd’hui, pèse sur les capacités de financement de l’agence publique Indonesian Estate Crop Fund Agency (BPDP).

Hausse des prélèvements à l’exportation

Pour soutenir le programme, Jakarta relèvera les taxes à l’exportation d’huile de palme brute à 12,5 % à partir du 1er mars, contre 10 % actuellement, selon Eddy Abdurrachman, directeur de la BPDP. Les prélèvements sur les produits raffinés augmenteront de 2,5 points de pourcentage. Ces taux varient actuellement entre 4,75 % et 9,5 %.

L’Indonesian Palm Oil Farmers Association (POPSI) estime que cette hausse affecterait la compétitivité de l’huile de palme indonésienne et pourrait orienter les acheteurs vers d’autres fournisseurs, notamment la Malaisie. Le ministre coordinateur de l’Économie, Airlangga Hartarto, a indiqué que la mise en œuvre du B50 en 2027 dépendrait de l’écart de prix entre le diesel conventionnel et le biocarburant.

Impact sur les marchés

Les cours de référence de l’huile de palme en Malaisie ont reculé de 0,52 % après l’annonce, après avoir progressé de 1,33 % en début de séance. Selon Anilkumar Bagani, responsable de la recherche matières premières chez Sunvin Group, l’abandon du B50 constitue un facteur baissier pour les prix, le marché anticipant une absorption accrue d’huile de palme brute (CPO) avec le mélange supplémentaire.

D’après le think tank Indonesia Palm Oil Strategic Studies, le passage au B50 au second semestre aurait absorbé 2,2 millions de tonnes de CPO supplémentaires, portant la consommation totale à environ 13,6 millions de tonnes pour le mandat biodiesel. Cette décision intervient alors que les stocks malaisiens d’huile de palme ont atteint en décembre un plus haut de près de sept ans, franchissant le seuil de 3 millions de tonnes métriques.

L’Indonesian Palm Oil Association (GAPKI) a qualifié le maintien du B40 de décision appropriée. Selon son secrétaire général Hadi Sugeng, cette politique permettrait d’équilibrer production de CPO, besoins domestiques et volumes d’exportation.

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