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Les frappes sur l'Iran font bondir les prix du pétrole de 15%

Les cours du brut ont bondi d'environ 15% lundi pour atteindre leur plus haut niveau depuis juillet 2022, après des frappes coordonnées sur des infrastructures pétrolières iraniennes et des réductions de production au Moyen-Orient.

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Les frappes sur l'Iran font bondir les prix du pétrole de 15%

Pays citésIran, Irak, États-Unis, Israël, Arabie Saoudite
Sociétés citéesKuwait Petroleum Corporation, National Iranian Oil Products Distribution Company
SecteurPétrole, Gaz, GNL
ThèmePolitique & Géopolitique, Conflit Armé

Les cours du pétrole brut ont progressé d'environ 15% lundi, atteignant leur plus haut niveau depuis juillet 2022. Le brut Brent a gagné 15,51 dollars, soit 16,7%, pour s'établir à 108,20 dollars le baril. Le West Texas Intermediate (WTI) américain a progressé de 14,23 dollars, ou 15,7%, à 105,13 dollars le baril. Ces mouvements interviennent dans un contexte de frappes militaires sur des infrastructures énergétiques en Iran et de réductions de production dans plusieurs pays producteurs du Moyen-Orient.

Le détroit d'Ormuz au cœur des perturbations

La perturbation des flux au détroit d'Ormuz constitue le principal facteur de tension sur les marchés. Ce passage stratégique assure environ 20% de l'approvisionnement pétrolier mondial quotidien. Des raffineries ont suspendu leurs opérations face à la dégradation des conditions d'approvisionnement. Les Émirats arabes unis (EAU) et l'Arabie saoudite pourraient également devoir réduire leur production en raison de capacités de stockage limitées.

En Irak, les champs pétrolifères du sud du pays ont enregistré une baisse de production de 70%, pour descendre à 1,3 million de barils par jour, selon trois sources industrielles. Ces réductions résultent des contraintes d'exportation via le détroit d'Ormuz. La Kuwait Petroleum Corporation a entamé samedi une réduction de sa production et déclaré la force majeure pour ses livraisons, sans préciser l'ampleur des coupes. Le Qatar a par ailleurs réduit ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL).

Des frappes coordonnées sur les installations pétrolières de Téhéran

Dans le cadre d'une opération baptisée « Operation Epic Fury », des frappes aériennes coordonnées ont visé des sites de stockage de carburant à Téhéran lors du week-end. Les forces israéliennes et américaines ont ciblé plusieurs installations stratégiques. La National Iranian Oil Products Distribution Company (NIOPDC), l'entreprise publique de distribution de produits pétroliers iranienne, indique que quatre de ses employés ont été tués lors de ces attaques. Des boules de feu et des nuages de fumée dense ont été observés au-dessus de la capitale iranienne.

Parmi les sites touchés figurent l'entrepôt pétrolier d'Aghdasieh dans le nord-est de Téhéran, la raffinerie de Téhéran au sud de la ville, le dépôt de Shahran à l'ouest de la capitale et un dépôt supplémentaire à Karaj. Des témoins ont signalé des déversements de pétrole depuis le dépôt de Shahran sur les rues environnantes. L'Iran a par ailleurs poursuivi ses attaques contre des infrastructures pétrolières régionales.

Incidents régionaux et succession politique à Téhéran

D'autres incidents ont affecté les infrastructures énergétiques de la région. Un incendie a été signalé dans la zone pétrolière de Fujairah aux EAU, causé par des débris, sans faire de blessés. Le ministère saoudien de la Défense a indiqué avoir intercepté un drone ciblant le champ pétrolier de Shaybah. Le conflit fait peser un risque de hausse prolongée des prix des carburants à l'échelle mondiale, les chaînes d'approvisionnement étant confrontées à des infrastructures endommagées et à des risques accrus pour le transport maritime.

Sur le plan politique, le président américain Donald Trump a déclaré que le conflit pourrait ne prendre fin qu'une fois les forces militaires et les autorités dirigeantes iraniennes défaites. Dimanche, Mojtaba Khamenei a été désigné successeur de son père Ali Khamenei au poste de Guide suprême de l'Iran, maintenant une ligne dure à Téhéran. Cette transition de pouvoir intervient alors que les marchés pétroliers intègrent une incertitude géopolitique inédite depuis juillet 2022.

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