L'Iran frappe Ras Laffan et fait flamber de 35% le gaz européen
Des frappes iraniennes ont causé des "dommages considérables" sur Ras Laffan, principal site de GNL au monde. Le gaz européen a bondi de 35% et le Brent de 6%, dans un énième soubresaut des marchés lié à la guerre.
| Pays cités | Qatar, Iran, Israël, Koweït, Émirats Arabes Unis |
|---|---|
| Sociétés citées | Qatarenergy, Kuwait National Petroleum Company |
| Secteur | Gaz, GNL, Pétrole, Raffinage, Exploration production |
| Thème | Conflit Armé |
L'Iran a frappé dans la nuit Ras Laffan, le principal complexe de production de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar et le plus important au monde. QatarEnergy, la compagnie énergétique publique de l'émirat, a fait état de "dommages considérables" sur le site. Le Qatar est le deuxième exportateur mondial de GNL derrière les États-Unis. Les incendies ont été maîtrisés en début de matinée, selon le ministère de l'Intérieur qatarien ; aucune victime n'a été signalée.
Marchés en forte perturbation
La réaction des marchés a été immédiate et sévère. Le prix du gaz européen a bondi de 35% avant de se stabiliser à plus de 28%, tandis que le Brent, référence pétrolière de la mer du Nord, s'envolait de plus de 6%. Les Bourses européennes ont ouvert en net repli : Francfort perdait 1,50%, Paris 1,20%, Londres 1,28% et Milan 1,27%.
"Aujourd'hui marque une escalade majeure dans la guerre au Moyen-Orient. Les répercussions économiques se feront probablement sentir pendant des années", a déclaré Theresa Fallon, directrice du centre de réflexion CREAS, à Bruxelles. La chercheuse souligne ainsi le risque systémique que font peser les hostilités sur les marchés mondiaux de l'énergie.
Riposte aux frappes israéliennes sur South Pars
L'attaque sur Ras Laffan répond aux frappes israéliennes menées la veille contre South Pars/North Dome, la plus grande réserve de gaz connue au monde, partagée entre l'Iran et le Qatar dans le Golfe Persique. Donald Trump, président des États-Unis, a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'opération sur la partie iranienne de ce gisement gazier offshore, précisant que Washington "ne savait rien de cette attaque" et que le Qatar "n'y a été impliqué d'aucune façon".
Trump a ensuite averti que si l'Iran poursuivait ses attaques contre "un pays tout à fait innocent, en l'occurrence le Qatar", les États-Unis "détruiraient massivement l'intégralité du gisement" iranien. Au Koweït, la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) a indiqué que sa raffinerie de Mina Abdullah avait été visée par un drone, provoquant un incendie. La raffinerie de Mina Al-Ahmadi, également opérée par la KNPC, avait été touchée plus tôt par une attaque similaire, selon le ministère koweïtien de l'Information.
Téhéran démontre une capacité de frappe préservée
Au vingtième jour du conflit, ces attaques iraniennes illustrent une capacité de frappe maintenue malgré les opérations israélo-américaines ciblant les installations militaires de Téhéran. Tulsi Gabbard, cheffe des services de renseignement américains, a déclaré devant le Congrès américain que "le régime iranien est intact", tout en estimant qu'il est "fortement affaibli en raison des attaques visant ses dirigeants et ses capacités militaires".
Aux Émirats arabes unis, Abou Dhabi a fermé un complexe gazier après la chute de débris de missiles interceptés. Doha a déploré que ces attaques "aient franchi toutes les lignes rouges en ciblant des civils, des installations civiles et vitales". L'Arabie saoudite a déclaré se "réserver le droit" de répliquer militairement à l'Iran. La dynamique d'escalade ravive les inquiétudes déjà documentées sur les menaces pesant sur le détroit d'Ormuz et leurs répercussions sur les marchés pétroliers et gaziers.










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