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L'Irak cherche à relancer 250 000 b/j d'exportations pétrolières via la Turquie

Après l'arrêt de ses exportations pétrolières provoqué par la guerre au Moyen-Orient, l'Irak tente de réacheminer jusqu'à 250 000 barils par jour via la Turquie en réhabilitant l'oléoduc Kirkouk-Ceyhan.

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L'Irak cherche à relancer 250 000 b/j d'exportations pétrolières via la Turquie

Pays citésTurquie, Iran, Israël, États-Unis, Jordanie
SecteurPétrole, Exploration production
ThèmeSécurité énergétique, Diplomatie

L'Irak cherche à relancer une fraction de ses exportations pétrolières par la Turquie, après l'interruption provoquée par la guerre au Moyen-Orient. Baghdad vise l'acheminement de 250 000 barils de pétrole par jour (b/j) via l'oléoduc Kirkouk-Ceyhan, soit une fraction des quelque 3,5 millions b/j qu'exportait ce membre fondateur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) avant le conflit. L'enjeu est de taille pour un pays qui tire plus de 90% de ses revenus de l'or noir.

Le détroit d'Ormuz, verrou de l'économie irakienne

Avant la guerre, l'Irak expédiait son brut depuis ses infrastructures portuaires de Bassora, dans l'extrême sud du pays, unique accès sur la mer du Golfe et sur le reste du monde via le stratégique détroit d'Ormuz. L'Iran a quasiment paralysé la circulation dans cette voie maritime en représailles à l'attaque israélo-américaine lancée le 28 février. Les exportations pétrolières « ont été stoppées deux ou trois jours après le début de la guerre », a indiqué le ministre du Pétrole, Hayan Abdel Ghani, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux.

Les alternatives se révèlent limitées. Les autorités irakiennes réhabilitent l'oléoduc Kirkouk-Ceyhan, à l'arrêt depuis de longues années, reliant les champs pétroliers de Kirkouk, dans le nord du pays, au port turc de Ceyhan. Selon le ministre, « tous les travaux de réhabilitation sont terminés, mais il y a une portion, sur 100 kilomètres, qui a besoin d'être examinée ». Le pipeline avait été endommagé par les jihadistes du groupe État islamique (EI) en 2014.

Des obstacles techniques et politiques persistent

Hayan Abdel Ghani dit espérer que tous les tests nécessaires seront menés « d'ici une semaine », afin de permettre le démarrage des exportations à hauteur de 250 000 b/j. L'usage de cet oléoduc nécessite toutefois encore « des contacts avec la partie turque et un accord sur des questions logistiques et techniques », nuance l'expert pétrolier Assem Jihad. Baghdad souhaitait initialement transiter par un autre oléoduc passant par le Kurdistan autonome d'Irak, mais « jusqu'à maintenant aucun accord n'a été trouvé », a admis le ministre, les relations entre Baghdad et les autorités kurdes s'étant dégradées ces derniers jours.

L'Irak étudie également un possible acheminement de 200 000 b/j par camions-citernes via la Jordanie et la Syrie. Des experts alertent sur les difficultés financières pesant sur ce pays de plus de 46 millions d'habitants, dont l'État tire plus de 90% de ses revenus du pétrole. Sans cette manne, l'État irakien, premier employeur du pays, ne pourrait honorer les salaires de ses fonctionnaires et s'exposerait à une pénurie de devises étrangères.

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