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Les appels d'offres renouvelables avantageraient les investisseurs étrangers face aux économies locales

Un rapport de l'IRENA alerte sur les mécanismes d'appels d'offres qui favorisent les capitaux étrangers, épuisent les réserves des pays hôtes et limitent les retombées économiques locales.

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Les appels d'offres renouvelables avantageraient les investisseurs étrangers face aux économies locales

Pays citésArabie Saoudite, Maroc, El Salvador
SecteurEnjeux Énergétiques
ThèmeDéveloppement de projets, Tenders

L'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) alerte sur les effets pervers des appels d'offres qui dominent le financement des projets d'énergie verte. Selon un rapport de l'agence, les clauses favorables aux investisseurs risquent de compromettre la création de valeur locale et les objectifs de long terme des pays hôtes.

Un modèle financier qui pèse sur les États

L'IRENA souligne que l'utilisation de devises fortes — dollar américain ou euro — représente une charge financière considérable pour les pays hôtes, en épuisant leurs réserves de change et en aggravant leur endettement. Les garanties souveraines, qui obligent les gouvernements à indemniser les investisseurs en cas de risques spécifiques, peuvent par ailleurs être comptabilisées par le Fonds monétaire international (FMI) comme une dette publique officielle, renchérissant les conditions d'emprunt des États concernés.

Le rapport relève également que la priorité accordée au critère du prix le plus bas dans l'attribution des appels d'offres tend à avantager les propriétaires étrangers et les importations, au détriment des entreprises et des services locaux.

Des exemples de retombées locales réussies

"Pour qu'un projet d'énergie renouvelable soit durable et génère des bénéfices pour un pays, les appels d'offres doivent être conçus pour répartir équitablement les risques", indique le rapport. L'IRENA cite plusieurs dispositifs ayant permis des retombées économiques significatives pour les territoires d'accueil.

En Arabie Saoudite, un appel d'offres solaire lancé en 2017 à Al Jouf a conditionné l'attribution du projet à un approvisionnement local de 30 % en services et équipements. Le projet photovoltaïque (PV) Sakaka avait recruté 90 % de sa main-d'œuvre dans la région immédiate dès 2019. Au Maroc, le complexe solaire Noor-Ouarzazate a affiché un taux d'intégration locale de 30 % à 35 %, avec 70 % des travailleurs, dont de nombreuses femmes, recrutés localement.

La redistribution des bénéfices comme condition d'attribution

L'IRENA signale que certains appels d'offres peuvent inclure des obligations de redistribution directe des bénéfices du projet, que ce soit sous forme d'électricité propre, de partage de revenus ou de services sociaux. Au Salvador, lors du premier appel d'offres solaire PV du pays, les lauréats étaient tenus d'allouer 3 % de leurs bénéfices à des programmes de développement social dans les villes d'implantation des projets.

L'IRENA conclut qu'un cadre juridique et réglementaire solide facilite l'attraction des investisseurs tout en assurant des retombées pour les pays hôtes. Les conditions structurelles restent déterminantes dans la capacité des États à orienter les bénéfices des projets renouvelables vers leurs populations.

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