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L'Italie réduit les taxes sur les carburants de 25 centimes pour vingt jours

Le gouvernement Meloni a adopté un décret abaissant de 25 centimes par litre le prix de l'essence et du gazole pendant vingt jours, en réponse à la flambée des cours pétroliers provoquée par le conflit au Moyen-Orient.

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L'Italie réduit les taxes sur les carburants de 25 centimes pour vingt jours

Pays citésItalie, Iran, Serbie, États-Unis, Israël
SecteurPétrole, Carburants, Gaz, GPL
ThèmePolitique publique

L'Italie a adopté un décret réduisant de 25 centimes par litre le prix de l'essence et du gazole pour une durée de vingt jours, à compter du 19 mars 2026. Le texte, qualifié de « mesure temporaire et d'urgence » par le Conseil des ministres, prévoit également une réduction de 12 centimes par kilo sur le gaz de pétrole liquéfié (GPL). Ces dispositions répondent à une hausse des cours du pétrole brut de près de 50% depuis fin février, liée au blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transite habituellement environ un cinquième du pétrole brut mondial.

Une baisse fiscale couvrant gazole, essence et GPL

La Première ministre Giorgia Meloni a annoncé la mesure sur X à l'issue du Conseil des ministres. « Nous réduisons le prix du carburant d'environ 0,25 euro par litre pour tous », a-t-elle indiqué. Le vice-Premier ministre et ministre des Transports Matteo Salvini a affirmé sur la chaîne Rete 4 que « les Italiens paieront moins cher que les Allemands, les Français et les Espagnols dès les prochaines heures ». Le décret agit sur la fiscalité applicable au gazole, à l'essence et au GPL pour cette période de vingt jours.

Ce choc pétrolier fait suite aux premières attaques en Iran lancées par les États-Unis et Israël fin février, qui ont entraîné le blocage du détroit d'Ormuz. Cette perturbation géopolitique s'est rapidement transmise aux prix à la pompe à travers l'Europe, exposant en France plusieurs millions de ménages à une hausse directe de leur budget carburant. La mesure italienne s'inscrit dans une série de réponses gouvernementales visant à amortir l'impact sur les consommateurs.

Aides aux transporteurs, aux pêcheurs et mécanisme anti-spéculation

Le décret prévoit un crédit d'impôt destiné aux transporteurs routiers et aux pêcheurs, couvrant les dépenses supplémentaires de carburant engagées en mars, avril et mai 2026 par rapport à février 2026. Pour les pêcheurs, ce crédit peut atteindre 20% des dépenses d'achat de carburant sur la période concernée, selon le Conseil des ministres. Giorgia Meloni a précisé que l'objectif est d'empêcher la hausse du prix du gazole de se répercuter sur les prix des biens de consommation.

Un mécanisme anti-spéculation complète le dispositif. Pendant trois mois, les compagnies pétrolières devront publier leurs prix conseillés, soumis au contrôle du Garant des prix, institution rattachée au ministère des Entreprises et du Made in Italy, avec des sanctions prévues en cas de manquement. Dans un contexte similaire de volatilité des marchés, TotalEnergies avait mis en place un plafonnement de ses prix de vente à 1,99 €/L dans ses stations. Le gouvernement entend s'assurer que les distributeurs répercutent la baisse des cours internationaux sur les prix à la pompe.

Réponses comparées en Europe face au choc pétrolier

La Serbie a annoncé vendredi réduire de 20% les accises sur les carburants pour contenir la hausse des prix à la pompe. L'Allemagne doit présenter cette semaine au Parlement un projet de loi obligeant les compagnies pétrolières soupçonnées d'abus à prouver qu'elles ont agi légalement. La France avait mobilisé le G7 pour obtenir une modération collective des prix des carburants. Ces réponses gouvernementales illustrent la pression que le conflit au Moyen-Orient exerce sur les marchés énergétiques en Europe.

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