Kazakhstan: plus 90 millions de t de pétrole en 2023
Dans une interview à Reuters, le ministre de l'énergie du Kazakhstan Bolat Akchulakov déclare que le pays prévoit de produire jusqu'à 90 millions de tonnes de pétrole en 2023. Cette stratégie repose sur une utilisation optimale des champs de Tengiz et Kashagan couplée à une augmentation en volume des exportations.

Kazakhstan

Le Kazakhstan ambitionne de produire 90 à 93 millions de tonnes de pétrole l’an prochain. C’est un nombre en hausse en comparaison des 87,5 millions de tonnes cette année. Cette estimation de la production tient compte de la date d’achèvement des projets d’expansion du champ géant de Tengiz. Selon le ministre de l’Énergie, il pourrait être légèrement retardé.

Au Kazakhstan, la production repose sur des infrastructures optimales

La nation d’Asie centrale pense que les sanctions occidentales contre la Russie n’auront aucun effet sur l’acheminement du pétrole brut kazakh vers l’Europe. C’est l’avis de Bolat Akchulakov, pour qui l’importance se joue au niveau des infrastructures :

“La grande question est le projet de croissance future de Tengiz. Il y a eu le COVID-19. Cette année, la situation n’est pas optimale non plus, car il y a quelques problèmes comme l’approvisionnement en matériaux.”

L’entreprise Chevron qui développe le champ de Tengiz prévoit de terminer un projet d’expansion d’ici mars 2023. Le second projet doit se conclure en novembre 2023. Néanmoins, M. Akchulakov déclare que l’expansion de 45 milliards de dollars pourrait avoir un retard de quelques mois.

Les arrêts de production pour maintenance planifiée sont un autre facteur affectant la production. Le ministre de l’Énergie du Kazakhstan fait référence au champ pétrolier de Kashagan. Ce dernier va faire l’objet d’une maintenance de deux mois qui débutera en juin. Après cette opération, aucune interruption majeure n’est au programme pour 2023.

Le ministre ajoute que les investisseurs de Kashagan doivent se mettre d’accord sur le concept de la prochaine phase d’expansion. Cela concerne l’entreprise publique kazakhe KazMunayGaz, Shell, TotalEnergies et ExxonMobil.

La question de la livraison et des sanctions

Il y a l’importance du transport grâce au Caspian Pipeline Consortium. Environ 80% des exportations de pétroles sont acheminées par le CPC. Des volumes supplémentaires passent par un autre oléoduc russe. Et des quantités beaucoup plus faibles s’expédient vers la Chine.

Le Kazakhstan risque de ne pas atteindre l’objectif de production de 87,5 millions de tonnes de pétrole pour cette année. La raison est la brève fermeture du terminal de la mer noire du CPC. Ce sont des dégâts rapidement atténués causées par une tempête qui a entrainé cette fermeture temporaire.

De plus, le CPC ne doit pas faire l’objet de sanction internationale à cause de la guerre. C’est une nécessité pour que le pays remplisse ses objectifs. M. Akchulakov se veut optimiste quant à cette question :

“On nous a dit que le transit était à l’abri. L’idée est que le CPC est un projet international et qu’il serait juste de l’exclure de toutes les sanctions.”

Exporter vers de nouveaux partenaires ?

Cependant, le Kazakhstan est prêt à augmenter les expéditions via des routes alternatives. C’est une référence à des possibles accords d’échange avec l’Iran lorsqu’ il n’y aura plus les sanctions contre Téhéran. Le Kazakhstan peut fournir quelques millions de tonnes de brut aux ports iraniens de la Caspienne en échange de volumes similaires dans le Golfe.

Dans le même temps, le pays est en pourparlers pour commencer ses premières livraisons de pétrole en Biélorussie. Le plus proche allié de la Russie cherche à acheter jusqu’à 1 million de tonnes par an. Le Kirghizstan, voisin méridional du Kazakhstan, cherche à acheter 2 millions de tonnes par an selon M. Akchulakov.

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