L'Algérie et l'Espagne renforcent leur alliance gazière autour du gazoduc MedGaz
Le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares a annoncé depuis Alger un renforcement du partenariat énergétique avec l'Algérie, premier fournisseur de gaz de l'Espagne depuis trois ans.
| Secteurs | Gaz, Gaz naturel |
|---|---|
| Thèmes | Politique & Géopolitique, Diplomatie |
| Sociétés | Sonatrach, Eni |
| Pays | Algérie, Espagne, Italie, Maroc |
José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, a annoncé depuis Alger un renforcement du « partenariat stratégique » entre l'Espagne et l'Algérie dans le domaine de l'énergie. L'Algérie est, selon lui, « le premier fournisseur de gaz depuis trois ans » de l'Espagne. La visite de deux jours a inclus un entretien avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune, auquel assistaient le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf et le ministre de l'Énergie Mohamed Arkab. M. Albares a qualifié l'Algérie de « fournisseur de gaz stable, fiable et constant ».
MedGaz et perspectives d'infrastructure
L'Espagne est reliée à l'Algérie par le gazoduc MedGaz, qui fonctionne à plein régime. Sa capacité pourrait être augmentée « d'un milliard de mètres cubes par an », selon Geoff Porter, expert américain. Dans un contexte où les marchés gaziers européens restent sous tension — la frappe iranienne sur Ras Laffan ayant récemment provoqué une flambée de 35 % du gaz européen — la sécurité des approvisionnements s'impose comme priorité pour les États membres de l'Union européenne (UE). M. Albares a précisé que les deux pays ont « évoqué la possibilité d'une coopération accrue, y compris au niveau des infrastructures et d'analyses conjointes » ainsi que « de nouveaux investissements ». Dans ce contexte de recomposition des flux gaziers en Europe, la Hongrie a annoncé de son côté une réduction progressive de ses livraisons de gaz à l'Ukraine, illustrant la fragilité des équilibres d'approvisionnement continentaux.
M. Albares a indiqué que ce « dialogue sur le gaz va bien au-delà du simple approvisionnement ». Les exportations espagnoles vers l'Algérie ont connu une « augmentation spectaculaire » ces deux dernières années, avec un triplement en 2025 sur un an. M. Albares a également évoqué le « contexte géopolitique » global, estimant que « l'Espagne et l'Algérie partagent des valeurs et principes communs : le règlement pacifique des différends entre États et le rejet de la guerre ».
Réactivation du Traité d'amitié de 2002 et rapprochement diplomatique
La présidence algérienne a indiqué que le président Tebboune a informé M. Albares de « sa décision de réactiver le Traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération » liant les deux pays depuis octobre 2002. Ce traité avait été suspendu en 2022 lorsque Madrid avait soutenu un plan d'autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara occidental, territoire disputé où Alger soutient les indépendantistes du Front Polisario. Les relations commerciales bilatérales avaient alors connu un net refroidissement avant un dégel progressif depuis 2025.
La visite de M. Albares intervient au lendemain d'un déplacement de la présidente du Conseil italienne Giorgia Meloni à Alger, qui a annoncé une coopération accrue dans le gaz naturel visant à « augmenter la fourniture de gaz algérien à l'Italie ». Ce rapprochement passerait par un renforcement du partenariat entre l'italienne Eni et l'algérienne Sonatrach, « en travaillant sur de nouveaux fronts comme le gaz de schiste et l'exploration offshore ». L'Italie et l'Espagne ont ainsi visité Alger à quelques jours d'intervalle pour consolider leurs accords gaziers avec l'Algérie.