Les cours du pétrole reculent, l'AIE prête à libérer de nouvelles réserves stratégiques
Les cours du WTI et du Brent ont nettement reculé lundi, portés par la disponibilité annoncée de réserves stratégiques supplémentaires et par des signes d'amélioration de la circulation dans le détroit d'Ormuz.
| Pays cités | Pakistan, États-Unis |
|---|---|
| Sociétés citées | Scotiabank, Lloyd's List, MarineTraffic |
| Secteur | Pétrole, Exploration production |
| Thème | Prix, Sécurité énergétique |
Les cours du pétrole ont reculé lundi, portés par deux facteurs convergents : l'Agence internationale de l'énergie (AIE) s'est déclarée prête à débloquer davantage de réserves stratégiques, et plusieurs pétroliers ont circulé sans incident dans le détroit d'Ormuz ce week-end. Le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, pour livraison en avril, a chuté de 5,28 % à 93,50 dollars. Le Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, a reculé de 2,84 % à 100,21 dollars.
L'AIE prête à mobiliser davantage de réserves
L'AIE s'est dite prête à débloquer davantage ses réserves stratégiques « si nécessaire », après avoir annoncé la semaine précédente la libération de 400 millions de barils. Fatih Birol, directeur exécutif de l'agence, a indiqué que cette première salve avait eu « un effet apaisant sur les marchés ». L'annonce a contribué à rassurer les investisseurs sur la disponibilité à court terme des approvisionnements mondiaux en brut.
Les analystes de Scotiabank ont relevé que « les marchés semblent exprimer un sentiment de soulagement (...) suite au passage réussi de plusieurs pétroliers dans le détroit d'Ormuz ce week-end ». La circulation dans ce corridor stratégique, par lequel transite une large part du commerce pétrolier international, avait été perturbée depuis l'escalade des tensions au Moyen-Orient. La perspective d'une amélioration du transit a pesé sur les prix du brut.
Un navire pakistanais sous les projecteurs
Un navire non iranien, battant pavillon pakistanais, a traversé dimanche le détroit d'Ormuz en maintenant son système de traçage activé, selon les données du site spécialisé MarineTraffic. Ce comportement « laisse supposer que certaines cargaisons pourraient bénéficier d'un droit de passage négocié » avec l'Iran, d'après MarineTraffic. Si cette hypothèse se confirmait, une partie des barils bloqués dans le Golfe pourrait retrouver les circuits d'exportation.
Selon la société de données maritimes Lloyd's List, 77 navires ont franchi le détroit d'Ormuz entre le début de la guerre au Moyen-Orient et vendredi. La majorité appartient à la flotte dite fantôme, qui opère hors des circuits traditionnels, notamment pour transporter du pétrole sous sanction. Ce trafic parallèle complique l'évaluation des flux disponibles pour les marchés mondiaux.
Trump appelle à une coalition pour sécuriser Ormuz
Le président américain Donald Trump a réitéré lundi son appel aux pays dépendant du pétrole du Golfe à sécuriser le détroit d'Ormuz, reprochant à certains de ne « pas vouloir s'impliquer ». Il a indiqué que d'autres nations s'étaient engagées à rejoindre un effort collectif pour rétablir la sécurité de ce passage vital, sans en préciser les noms. « Nous vous donnerons une liste », a-t-il déclaré.
Les analystes d'Eurasia Group estiment qu'en tenant compte des alternatives mises en place par certains producteurs, le blocage du détroit signifie qu'environ 10 % de l'offre mondiale est « incapable d'atteindre les marchés ». Ils avertissent que même en cas de résolution rapide de la situation, les prix ne retrouveraient pas leur niveau d'avant-guerre. La reconstitution des stocks mis sur le marché pour atténuer les effets de la crise viendrait en effet maintenir les cours à un niveau durablement plus élevé, selon leurs projections.










Commentaires
Connectez-vous pour laisser un commentaire.