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Pétrole en repli après libération de 400 millions de barils par l'AIE

Les cours du brut reculent après l'annonce par l'Agence internationale de l'énergie de libérer 400 millions de barils de réserves stratégiques. La reprise partielle du trafic pétrolier dans le détroit d'Ormuz renforce le sentiment de soulagement des marchés.

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Pétrole en repli après libération de 400 millions de barils par l'AIE

Pays citésÉtats-Unis, Pakistan, Ukraine
Sociétés citéesScotiabank, MarineTraffic, Lloyd's List
SecteurPétrole, Carburants
ThèmePrix, Sécurité énergétique, Analyse sectorielle

Les cours du brut ont reculé lundi, la libération des réserves stratégiques de pétrole par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) et la reprise partielle du trafic dans le détroit d'Ormuz rassurant les marchés. Le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, pour livraison en avril, a chuté de 5,28% à 93,50 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, a perdu 2,84% à 100,21 dollars.

L'AIE libère 400 millions de barils et se dit prête à aller plus loin

L'AIE s'est déclarée prête à débloquer davantage ses réserves stratégiques d'or noir "si nécessaire", après avoir annoncé la semaine précédente la libération de 400 millions de barils. Fatih Birol, directeur exécutif de l'agence, a assuré que cette première salve avait eu "un effet apaisant sur les marchés". La déclaration contribue à rassurer les investisseurs sur la capacité des pays membres à compenser une contraction de l'offre. Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte de tensions énergétiques mondiales amplifiées depuis la Guerre en Ukraine.

Les analystes d'Eurasia Group estiment qu'environ 10% de l'offre mondiale est actuellement "incapable d'atteindre les marchés", en tenant compte des blocages au niveau d'Ormuz et des alternatives mises en place par certains producteurs. Ils préviennent que même en cas de résolution rapide, la reconstitution des stocks libérés maintiendrait les prix à un niveau supérieur à celui d'avant le conflit. Cette perspective tempère le soulagement observé lundi sur les marchés pétroliers.

Un pétrolier pakistanais traverse Ormuz avec son système de traçage allumé

Les analystes de Scotiabank notent que "les marchés semblent exprimer un sentiment de soulagement (...) suite au passage réussi de plusieurs pétroliers dans le détroit d'Ormuz ce week-end". Un navire non iranien battant pavillon pakistanais a traversé dimanche ce corridor stratégique en maintenant son système de traçage actif, selon les données de MarineTraffic. Cette traversée "laisse supposer que certaines cargaisons pourraient bénéficier d'un droit de passage négocié" avec l'Iran, selon la même source. Si tel est le cas, une partie des barils bloqués dans le Golfe pourrait être exportée.

La société de données maritimes Lloyd's List indique que 77 navires ont franchi le détroit d'Ormuz depuis le début du conflit au Moyen-Orient jusqu'à vendredi. La majorité de ces traversées appartient à la flotte fantôme — des navires opérant hors des circuits traditionnels pour transporter notamment du pétrole sous sanction. Cette composante rend difficile l'évaluation précise des volumes effectivement exportés depuis le Golfe.

Trump réclame une coalition internationale pour sécuriser le passage stratégique

Le président américain Donald Trump a réitéré lundi son appel aux pays dépendant du pétrole du Golfe à contribuer à la sécurisation du détroit d'Ormuz, reprochant à certains de ne "pas vouloir s'impliquer". Il a affirmé que des nations s'étaient engagées à rejoindre un effort collectif pour rétablir la sécurité du passage, sans préciser lesquelles. "Nous vous donnerons une liste", a-t-il déclaré. La sécurité des infrastructures de transport d'énergie — un enjeu mis en lumière notamment par la Saga Nord Stream — s'impose comme un facteur structurel durable des marchés pétroliers.

Les marchés intègrent désormais une prime de risque géopolitique persistante sur le brut. Selon Eurasia Group, la reconstitution des stocks stratégiques libérés pour atténuer les effets de la crise contribuera à maintenir les prix à un niveau plus élevé qu'avant le conflit, y compris après un éventuel déblocage du détroit. Les cours du WTI et du Brent resteront sensibles à l'évolution de la situation sécuritaire dans le Golfe dans les semaines à venir.

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