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Paris confiant dans la rapidité de l'examen européen des six réacteurs nucléaires

Un responsable du ministère français de l'Énergie assure que l'enquête de la Commission européenne sur les aides d'État destinées à six nouveaux réacteurs ne retardera pas les projets.

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Paris confiant dans la rapidité de l'examen européen des six réacteurs nucléaires

Pays citésFrance, Tchéquie, Autriche
Sociétés citéesEDF
SecteurÉnergie Nucléaire, EPR
ThèmeRégulation & Gouvernance, Politique publique

La Commission européenne devrait rendre une première déclaration d'ouverture d'enquête sur les aides d'État françaises destinées à six nouveaux réacteurs nucléaires d'ici fin mars, selon un responsable du ministère de l'Énergie. Cette étape marque le lancement formel de l'examen par Bruxelles d'un programme dont le coût se chiffrerait en dizaines, voire en centaines de milliards d'euros. Paris assure que la procédure ne retardera pas les projets. Le programme prévoit l'ajout de 10 gigawatts (GW) de capacité au réseau français, avec une mise en service du premier réacteur attendue en 2038. Ces nouvelles unités s'inscrivent dans le cadre des six EPR2 confirmés par la France pour renouveler son parc nucléaire et ont vocation à remplacer les tranches vieillissantes.

Un examen accéléré fondé sur des précédents validés

Le responsable français a fondé sa confiance dans la rapidité du processus sur son analogie avec des modèles déjà approuvés par la Commission, notamment celui utilisé pour le financement du développement de deux réacteurs en République tchèque. "Nous sommes confiants d'être encore dans les délais", a-t-il déclaré. EDF, le producteur d'électricité contrôlé par l'État, prendra sa décision finale d'investissement dans la seconde moitié de l'année. La Commission européenne, dont la stratégie nucléaire internationale fait l'objet de critiques récurrentes, devra statuer sur la compatibilité du dispositif avec les règles européennes sur les aides d'État.

La hausse anticipée de la demande électrique constitue l'une des justifications avancées par Paris pour ce programme de renouvellement. Les nouvelles capacités nucléaires visent à sécuriser les approvisionnements énergétiques face à une demande tirée en partie par l'essor des centres de données. Les réacteurs remplaceraient les anciennes installations, garantissant la continuité des fournitures d'électricité dans la décennie à venir.

EDF en position dominante et risque de contentieux autrichien

L'enquête européenne soulève également des questions structurelles sur le marché électrique français. EDF assure actuellement plus de 75 % de la production nette d'électricité en France. Bruxelles craint que les six nouvelles centrales ne consolident davantage la position dominante de cette entreprise détenue par l'État. Une enquête approfondie permettrait en outre à la Commission de constituer un dossier solide face à un éventuel recours juridique.

Selon certains responsables européens, une action en justice de l'Autriche — gouvernement opposé à l'énergie nucléaire — contre la Commission pour approbation du dispositif paraît probable. Cette perspective s'inscrit dans une dynamique internationale plus large : la relance du nucléaire mondial attend plusieurs jalons décisifs en 2026, conférant à la décision européenne une portée qui dépasse les frontières françaises. Le programme de renouvellement représente l'un des engagements publics nucléaires les plus ambitieux en Europe depuis plusieurs décennies.

Énergie Nucléaire