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Sommet nucléaire de Paris : 38 pays pour tripler les capacités mondiales d'ici 2050

À Paris, trente-huit pays ont endossé une déclaration commune appelant au triplement des capacités nucléaires mondiales d'ici 2050, portant à son terme une dynamique lancée par la France en décembre 2023.

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Sommet nucléaire de Paris : 38 pays pour tripler les capacités mondiales d'ici 2050

Pays citésBelgique, Brésil, Italie, Chine, Afrique du Sud
Sociétés citéesEDF, Orano, Framatome
SecteurÉnergie Nucléaire, Fission
ThèmeDiplomatie, Investissement Public

Trente-huit pays ont signé, lors du Sommet pour l'énergie nucléaire tenu à Paris le 12 mars 2026, une déclaration commune visant le triplement des capacités nucléaires installées dans le monde d'ici 2050. La Belgique, le Brésil et l'Italie ont rejoint la coalition à l'occasion de ce sommet, aux côtés de la Chine et de l'Afrique du Sud, dont l'adhésion avait été annoncée préalablement. Ce total de trente-huit signataires réunit des économies industrialisées et des marchés émergents autour d'un objectif commun de développement du nucléaire civil.

Une initiative lancée à la COP28 de Dubaï en décembre 2023

L'initiative remonte au 2 décembre 2023, lorsque vingt-cinq pays ont signé une déclaration commune à Dubaï lors de la 28e Conférence des parties (COP28). Le texte appelle à tripler la production d'énergie nucléaire entre 2020 et 2050 afin d'atteindre la neutralité carbone, de renforcer la sécurité énergétique et d'élargir l'accès à une énergie propre et fiable, selon le communiqué officiel. La France a joué, selon ses représentants, un rôle décisif dans la mobilisation internationale autour de cet engagement. La dynamique diplomatique s'est poursuivie avec l'adhésion progressive de huit pays supplémentaires entre décembre 2023 et le sommet de mars 2026.

Le sommet parisien a marqué une étape supplémentaire dans cette progression. L'adhésion récente de la Chine et de l'Afrique du Sud avait précédé l'événement. L'arrivée de la Belgique, du Brésil et de l'Italie lors du sommet a porté le total à trente-huit. Ce résultat intervient dans un contexte énergétique mondial marqué par des préoccupations croissantes autour de la sécurité d'approvisionnement, mises en lumière notamment par les perturbations des flux gaziers documentées dans la Saga Nord Stream.

EDF, Orano et Framatome parmi les soutiens industriels

La déclaration bénéficie également d'un appui industriel. EDF, Orano, Framatome et le Groupement des industriels français de l'énergie nucléaire (GIFEN) figurent parmi les acteurs sectoriels ayant apporté leur soutien au texte. Leur participation signale que l'engagement dépasse le seul cadre politique pour englober l'écosystème industriel français. Cette dimension renforce, selon les signataires, la crédibilité de l'objectif annoncé.

Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, a déclaré se réjouir du « rôle décisif de la France pour rassembler trente-huit nations autour d'une ambition forte ». Il a qualifié le savoir-faire historique français d'« atout pour structurer une filière industrielle internationale intégrée et standardisée ». En clôture du sommet, Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l'Énergie, a décrit le nucléaire comme une « source d'énergie bas-carbone et complémentaire des renouvelables », indiquant qu'il constitue « un atout majeur pour décarboner » et « renforcer la sécurité énergétique ».

Le nucléaire au cœur des débats sur la transition énergétique mondiale

Cette coalition de trente-huit pays s'inscrit dans un contexte de réévaluation du nucléaire au sein des stratégies énergétiques nationales. Des politiques telles que la REPowerEU en Europe ou l'Inflation Reduction Act (IRA) aux États-Unis ont mis en évidence l'importance des choix de mix énergétique face aux objectifs climatiques et industriels. Le nucléaire retrouve ainsi une place dans ces débats à l'échelle mondiale, porté par ses caractéristiques de source d'électricité à faibles émissions de carbone. L'élargissement de la déclaration de vingt-cinq à trente-huit signataires illustre l'ampleur de cet intérêt renouvelé, sans que les engagements en matière d'investissements concrets aient encore été précisés par les pays signataires.

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