Plan climat de l’UE: Accord sur la réforme du marché carbone
Les eurodéputés ont adopté mercredi leur position sur la réforme du marché du carbone avant l'ouverture de négociations avec les Etats membres

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Les eurodéputés ont adopté mercredi leur position sur la réforme du marché du carbone, deux semaines après avoir rejeté par surprise une première version de ce texte-clé du plan climat de l’UE, avant l’ouverture de négociations avec les Etats membres.

Un compromis adopté pour l’élargissement du marché du Co2

Le Parlement européen, réuni à Bruxelles, a adopté par 439 voix (157 contre, 32 abstentions) un compromis. Il prévoit l’élargissement du marché du CO2. S’ajoute à cela, la suppression graduelle entre 2027 et 2032 des quotas d’émissions gratuits alloués aux entreprises, à mesure qu’entrera en vigueur aux frontières de l’UE une taxe carbone sur les importations venant de pays tiers.

Les eurodéputés ont également validé leur position sur cette taxe carbone inédite. Le début d’application se fixe en 2027.

Il s’agit de piliers de la stratégie proposée en juillet dernier par la Commission pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne. L’objectif de réduction se fixe à 55% d’ici à 2030 par rapport à 1990.

Actuellement, le marché carbone européen, où s’échangent depuis 2005 les “permis à polluer”, créés en nombre limité et que doivent acheter les producteurs d’électricité et industries énergivores (sidérurgie, ciment…), couvre seulement 40% des émissions des Vingt-Sept.

Les eurodéputés ont approuvé mercredi son élargissement au secteur maritime, à l’aviation, aux
poids-lourds et aux immeubles de bureaux. Mais jusqu’à présent l’essentiel des industriels reçoivent des “quotas gratuits” pour ne pas être défavorisés par rapport aux importations venant de pays tiers.

Or, Bruxelles prévoit la disparition des quotas gratuits à mesure que seront taxées les importations de secteurs polluants. Ils se feront sur base du prix du CO2 européen.

Le 8 juin, le blocage s’était noué autour du calendrier: le PPE (droite, première force du Parlement) exigeait alors de maintenir jusqu’en 2034 ces quotas gratuits dans l’UE (la Commission proposait 2035), repoussant d’autant la taxe aux frontières –une “ligne rouge” pour les Verts et S&D (sociaux-démocrates).

S&D et Renew (centristes et libéraux) avaient vainement soutenu une réduction graduelle entre 2026 et 2032.

Des concessions pour aboutir à un accord

La nouvelle mouture adoptée mercredi, fruit d’un compromis trouvé entre le PPE, S&D et Renew, prévoit finalement une réduction des quotas gratuits à partir de 2027 jusqu’à leur disparition en 2032, avec en contrepartie une progressivité accrue: les entreprises recevront encore 50% d’allocations gratuites en 2030.

Autre concession au PPE: les sites industriels continueront de recevoir des quotas gratuits pour leur production destinée aux exportations vers des pays tiers n’ayant pas une tarification carbone comparable.

D’autres aspects-clés restent inchangés. Le texte vise toujours à réduire de 63% d’ici à 2030, par rapport à 2005, les émissions des secteurs soumis au marché carbone.

 

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