Rio Tinto vise Glencore pour 207 Md$ et accentue la pression sur BHP
Les négociations entre Rio Tinto et Glencore pourraient créer un géant minier valorisé à près de 207 milliards de dollars. Cette offensive relance la consolidation du secteur et place BHP face à un dilemme stratégique.
| Sociétés citées | Rio Tinto, Glencore, Anglo American, BHP, Teck Resources |
|---|---|
| Secteur | Métaux critiques |
| Thème | Marchés & Finance |
Rio Tinto mène des discussions préliminaires en vue d’acquérir Glencore. L’opération pourrait figurer parmi les dix plus importantes fusions-acquisitions jamais réalisées, selon les analystes. Le groupe australo-britannique dispose d’un délai courant jusqu’au 5 février pour formuler une offre formelle, une échéance susceptible d’être prolongée. Les deux entreprises ont déjà engagé des pourparlers par le passé sans aboutir à un accord.
BHP sous pression pour réagir
BHP, actuellement premier groupe minier mondial avec une capitalisation boursière de 161 milliards de dollars, apparaît comme le perturbateur le plus probable de ces négociations, selon six analystes, investisseurs et banquiers interrogés par Reuters. Une source bancaire, s’exprimant sous couvert d’anonymat, indique que BHP considère le portefeuille de Glencore comme trop diversifié et nécessitant des cessions d’actifs. Les autorités réglementaires exigeraient probablement des désinvestissements pour atténuer les préoccupations concurrentielles.
Richard Hatch, analyste chez Berenberg, estime que BHP pourrait lancer une offre rivale, conserver les actifs cuivre et céder le reste. George Cheveley, gestionnaire de portefeuille chez Ninety One, actionnaire de Glencore, souligne que BHP pourrait éprouver des difficultés « émotionnelles » à intervenir après ses échecs répétés avec Anglo American. Le groupe avait tenté d’acquérir Anglo American en 2024, avant de relancer brièvement cette démarche en novembre dernier.
Le cuivre au cœur de la consolidation
La demande de cuivre constitue le principal moteur de la concentration dans le secteur minier. L’adoption massive de l’intelligence artificielle et la transition vers des énergies moins carbonées stimulent les besoins en ce métal, le plus rentable pour conduire l’électricité. Les fusions permettent d’accéder à des actifs en production, évitant ainsi le processus long, coûteux et incertain de prospection de nouvelles réserves.
En septembre dernier, Anglo American annonçait un projet de fusion avec le canadien Teck Resources, alors deuxième plus grande opération du secteur. Cette transaction attend encore l’approbation réglementaire. Mark Kelly, directeur général du cabinet MKI Global, observe que les grandes entreprises minières sont contraintes de mener des actions stratégiques pour créer de la valeur.
Plusieurs scénarios ouverts
Certains analystes estiment que BHP pourrait choisir l’inaction. Kaan Peker, analyste chez RBC, considère que BHP dispose d’un profil de croissance plus net dans le cuivre qu’une entité Rio-Glencore fusionnée. Si la transaction aboutit, les actionnaires pourraient néanmoins questionner la capacité de BHP à réaliser ce type d’opération après l’échec anglo-américain. Des sources indiquent par ailleurs que BHP prépare la nomination d’un nouveau directeur général, probablement un candidat interne dont on attendra des changements. Si Rio échoue avec Glencore, d’autres cibles potentielles existent, bien que Vale et Freeport soient considérées comme peu susceptibles d’être vendues, selon Mark Kelly.










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