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Samoa et Tonga craignent une pénurie de diesel face aux frappes au Moyen-Orient

Les deux archipels du Pacifique, dont la quasi-totalité de la production d'énergie repose sur du diesel importé, ont sollicité l'aide de la Nouvelle-Zélande et de l'Australie alors que le pétrole dépasse les 110 dollars le baril.

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Samoa et Tonga craignent une pénurie de diesel face aux frappes au Moyen-Orient

Pays citésIran, Nouvelle-Zélande, Australie
SecteurPétrole, Carburants
ThèmeSécurité énergétique

Les archipels du Pacifique sud tirent la sonnette d'alarme. Face à la flambée des cours provoquée par des frappes contre des infrastructures énergétiques en Iran et dans les États du Golfe, Samoa et Tonga redoutent des pénuries de diesel susceptibles de paralyser leurs économies. Les prix du pétrole ont dépassé 110 dollars le baril, exacerbant la vulnérabilité de deux nations dont l'approvisionnement en carburant dépend presque entièrement de chaînes logistiques longues et peu redondantes. Le conflit au Moyen-Orient cristallise ainsi les fragilités structurelles de ces États insulaires du Pacifique.

Une dépendance structurelle au diesel importé

À Samoa, environ deux tiers de la production énergétique provient du diesel importé. Le Premier ministre La'aulialemalietoa Leuatea Schmidt s'approvisionne habituellement à Singapour et dans d'autres pays de la région. Face à la montée des incertitudes, il a contacté son homologue néo-zélandais pour lui demander de « nous couvrir au cas où quelque chose arriverait ». Cette démarche traduit l'absence de capacités de stockage suffisantes pour absorber un choc d'approvisionnement prolongé.

À Tonga, la dépendance est encore plus prononcée : 80 % de l'énergie du pays provient du diesel importé, selon les déclarations du Premier ministre Lord Fakafanua. Ce dernier a précisé que la Nouvelle-Zélande et l'Australie « partageaient des renseignements » avec son gouvernement pour anticiper d'éventuelles ruptures. L'archipel n'en est pas à sa première crise : l'année dernière, des retards de maintenance, des problèmes de stockage et l'immobilisation d'un navire-citerne avaient déjà laissé le pays pratiquement à sec. La répétition de ce type d'incident souligne l'ampleur de l'exposition énergétique de ces économies insulaires.

Tourisme et sécurité alimentaire en première ligne

Les deux archipels s'inquiètent également des perturbations du trafic aérien. Le tourisme représente 25 % du produit intérieur brut (PIB) des Samoa et 11 % de celui des Tonga. La flambée des prix du carburant liée aux tensions au Moyen-Orient ne se limite pas au Pacifique : en Europe, des millions de foyers font face à une hausse significative des prix à la pompe. D'éventuelles pénuries de diesel affecteraient par ailleurs la capacité des habitants à faire fonctionner leurs embarcations de pêche, dont ils dépendent en partie pour se nourrir.

Lord Fakafanua a déclaré que « pour l'instant, tout semble aller bien », tout en appelant à une résolution rapide du conflit au Moyen-Orient. « Nous ne prônons pas la violence. Notre politique étrangère reste amis pour tous, ennemis pour personne », a-t-il rappelé. La coordination internationale pour stabiliser les marchés pétroliers reste un enjeu pressant ; certains pays ont déjà mobilisé le G7 pour obtenir une baisse concertée des prix des carburants. Des acteurs privés ont également réagi à la volatilité des marchés, certaines majors ayant plafonné leurs prix à la pompe pour limiter l'impact sur les consommateurs.

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