Stellaria dépose une demande d’autorisation pour son prototype de mini-réacteur nucléaire en France
La startup française Stellaria, issue du CEA et de Schneider Electric, devient la deuxième entreprise à soumettre une demande d’autorisation pour un petit réacteur modulaire auprès de l’autorité de sûreté nucléaire française.
| Pays cités | Argentine, Canada, Chine, France, Russie, États-Unis |
|---|---|
| Sociétés citées | CEA, Schneider Electric |
| Secteur | Énergie Nucléaire |
| Thème | Régulation & Gouvernance |
Stellaria a déposé une demande d’autorisation de création auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) pour construire un réacteur de recherche dénommé Alpha sur le site de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône. Cette installation serait implantée sur un site du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). L’ASNR indique avoir été saisie de cette demande le 22 décembre, ouvrant une phase d’instruction technique.
Une technologie à neutrons rapides et sels fondus
La startup, fondée par le CEA et Schneider Electric, développe des réacteurs nucléaires à neutrons rapides et à sels fondus. Selon l’entreprise, ce concept permettrait de brûler les déchets des centrales nucléaires parmi les plus radioactifs. Stellaria vise un démarrage de son prototype en 2030. Nicolas Breyton, président de Stellaria, précise que cette étape engage pleinement l’entreprise dans ses responsabilités d’exploitant nucléaire.
La société devient la deuxième startup française spécialisée dans les petits réacteurs modulaires (SMR, pour Small Modular Reactors) à déposer une telle demande en France. Elle serait également la première à soumettre un dossier pour un réacteur à neutrons rapides capable de traiter certains déchets nucléaires hautement radioactifs. Avant elle, la startup Jimmy avait déposé en avril 2024 la première demande d’autorisation française pour un mini-réacteur destiné à fournir de la chaleur industrielle au groupe sucrier Cristal Union à Bazancourt, dans la Marne.
Un marché mondial en développement
Les mini-réacteurs, plus compacts et moins puissants que les réacteurs du parc nucléaire conventionnel, visent à produire de l’électricité ou de la chaleur décarbonées. Ces installations pourraient alimenter des sites industriels, des usines de dessalement ou des réseaux de chauffage urbain. L’Agence pour l’énergie nucléaire de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a identifié 127 concepts de mini-réacteurs à travers le monde, dans plus de douze pays, parmi lesquels les États-Unis, le Canada, l’Argentine, la Russie, la Chine et la Corée du Sud.
En France, environ une dizaine de projets font l’objet de discussions avec l’ASNR, selon les données disponibles. Le dépôt de cette demande d’autorisation par Stellaria marque une étape dans la structuration du secteur des SMR dans le pays. Les acteurs industriels et les autorités de régulation suivront l’avancement de l’instruction technique pour évaluer la faisabilité de ce type de technologie sur le territoire national.











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