Détroit d'Ormuz : le trafic maritime chute de 95% depuis le début du conflit
Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz a chuté de 95% depuis le début du conflit, selon Kpler. Seuls 138 passages ont été enregistrés du 1er au 21 mars, principalement des navires iraniens ou sous sanctions.
| Pays cités | Iran, Chine, Inde, Émirats Arabes Unis, Koweït |
|---|---|
| Sociétés citées | Kpler, Lloyd's List, JPMorgan |
| Secteur | Pétrole, Transport stockage, Gaz, GNL |
| Thème | Politique & Géopolitique, Sécurité énergétique |
Le détroit d'Ormuz, voie maritime longue de 167 kilomètres, assure en temps de paix le transit d'un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié (GNL). Depuis les frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont déclenché un blocage de cette voie commerciale par les forces iraniennes, le trafic s'est quasi totalement interrompu. Du 1er au 21 mars, les transporteurs de marchandises n'ont effectué que 138 traversées selon la société d'analyse Kpler, soit une chute de 95% par rapport aux niveaux d'avant-conflit. Cette perturbation continue d'alimenter les tensions sur les marchés pétroliers mondiaux.
Une chute de 95% du trafic en trois semaines
Parmi les 138 traversées enregistrées, 87 ont été réalisées par des pétroliers, dont plus de la moitié voyageaient chargés, d'après les données de Kpler. La plupart de ces navires naviguaient vers l'est. "Le trafic dans le détroit d'Ormuz continue d'être fortement perturbé", a indiqué lundi la revue spécialisée Lloyd's List dans sa dernière mise à jour. Selon son rédacteur en chef Richard Meade, les vraquiers, pétroliers et porte-conteneurs représentaient l'essentiel du mouvement, avec une "hausse du nombre de méthaniers en circulation" lors de la semaine s'achevant le jeudi précédent.
La majeure partie des navires traversant le détroit sont iraniens ou battent pavillon iranien, selon Bridget Diakun, analyste chez Lloyd's List Intelligence. Elle a précisé que les navires grecs représentaient 18% des traversées et les navires chinois 10% lors des derniers jours observés. "Bien que l'Iran continue de contrôler le détroit et d'exporter son pétrole, le trafic reste globalement au point mort", a déclaré Richard Meade.
Un corridor maritime approuvé par Téhéran
Lundi, trois navires supplémentaires ont franchi le détroit selon MarineTraffic, le service de suivi de Kpler : deux méthaniers battant pavillon indien, le Jag Vasant et le Pine Gas, transportant chacun environ 45 000 tonnes de gaz de pétrole liquéfié (GPL), et un pétrolier panaméen, le Bright Gold, transportant environ 40 000 tonnes de méthane à destination de la Chine. Le Jag Vasant et le Pine Gas avaient été chargés aux Émirats arabes unis et au Koweït fin février. Le Bright Gold devait arriver en Chine le 13 avril.
Ces trois navires, non inclus dans le décompte de Kpler, auraient emprunté un itinéraire présenté comme approuvé par Téhéran, contournant l'île de Larak au large des côtes iraniennes. Lloyd's List avait relevé la semaine précédente qu'au moins neuf navires avaient déjà emprunté ce "corridor". Deux des navires transitant lundi — le Bright Gold et le Pine Gas — ont laissé leurs transpondeurs AIS (Automatic Identification System) allumés, fait qualifié de rare pour un navire non iranien dans le contexte actuel. Selon Richard Meade, plusieurs gouvernements, dont ceux de la Chine, de l'Inde, du Pakistan, de l'Irak et de la Malaisie, sembleraient avoir mené des discussions directes avec Téhéran afin de coordonner le transit de navires avec les Gardiens de la révolution.
Navires sous sanctions et pétrole iranien vers la Chine
Plus de 40% des navires transitant par le détroit depuis le début du conflit étaient soumis à des sanctions américaines, européennes ou britanniques, selon une analyse des données de passage réalisée par l'AFP. Cette proportion atteignait 59% pour les seuls pétroliers et méthaniers. Depuis le 16 mars, "tout navire se dirigeant vers l'ouest appartient à la flotte parallèle, qu'il s'agisse de méthaniers ou de pétroliers", a expliqué Bridget Diakun, soulignant que ces navires dominent largement le trafic.
Selon un rapport de JPMorgan, les analystes des matières premières indiquent que la majeure partie du pétrole transitant par le détroit est destinée à l'Asie, principalement à la Chine. Les analystes de JPMorgan précisent que 98% du trafic pétrolier observable dans le détroit était d'origine iranienne, avec une moyenne de 1,3 million de barils par jour début mars. Cichen Shen, rédacteur en chef Asie-Pacifique chez Lloyd's List, a déclaré avoir trouvé des indices en ligne indiquant que les autorités chinoises élaboraient un plan de sortie pour leurs grands pétroliers bloqués dans la région.










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