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Tokyo refuse de solliciter l'Iran pour le transit de ses pétroliers à Ormuz

Le Japon n'envisage pas de solliciter l'Iran pour garantir le transit de ses pétroliers par le détroit d'Ormuz, malgré une offre de passage sécurisé formulée par Téhéran.

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Tokyo refuse de solliciter l'Iran pour le transit de ses pétroliers à Ormuz

Pays citésJapon, Iran, Israël, États-Unis
SecteurPétrole, Transport stockage
ThèmePolitique & Géopolitique, Sécurité énergétique

Le Japon n'envisage pas de solliciter Téhéran pour garantir un accès sécurisé de ses pétroliers au détroit d'Ormuz. Le ministre des Affaires étrangères japonais, Toshimitsu Motegi, a déclaré dimanche sur la chaîne Fuji TV que "pour le moment, nous n'y pensons pas", en réponse à une question sur une éventuelle demande adressée à l'Iran. Sa déclaration s'inscrit dans le contexte de tensions persistantes autour du détroit d'Ormuz, perturbé par les frappes menées en Iran. Le Japon dépend des importations de pétrole brut en provenance du Moyen-Orient, dont la majeure partie transite par cette voie maritime stratégique.

Téhéran propose un passage sécurisé aux navires japonais

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait affirmé vendredi, dans un entretien téléphonique avec l'agence de presse Kyodo, que l'Iran était prêt à garantir un passage sécurisé aux navires japonais. "Ils n'ont qu'à nous contacter afin que nous discutions des modalités de ce transit", avait déclaré M. Araghchi. M. Motegi s'était pourtant entretenu le mardi précédent avec son homologue iranien, sans que ce dernier ne mentionne d'aide au passage des navires japonais. "La sécurité de la navigation est extrêmement importante. C'est de cela que nous avons parlé", a précisé M. Motegi à Fuji TV.

M. Araghchi a démenti dans son entretien avec l'agence Kyodo toute fermeture totale du détroit. "Il n'est fermé qu'aux navires appartenant à nos ennemis - des pays qui nous attaquent. Pour les autres pays, leurs navires peuvent traverser le détroit", a-t-il déclaré, selon une transcription en farsi de l'interview publiée sur son canal Telegram. En pratique, l'Iran a bloqué l'accès au détroit en réponse aux frappes menées par Israël et les États-Unis, contraignant les pays dépendants de cette voie maritime à trouver des itinéraires de substitution et à puiser dans leurs réserves. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) s'est déclarée prête à libérer de nouvelles réserves stratégiques pour soutenir les marchés.

Tokyo active ses réserves stratégiques

La semaine précédente, Tokyo avait annoncé le début du déblocage de ses réserves stratégiques de pétrole, parmi les plus importantes au monde, pour pallier les perturbations de l'approvisionnement. Les stocks commerciaux américains de pétrole brut ont également connu des évolutions significatives, dans un contexte de reconfigurations mondiales des flux pétroliers. Les pays tributaires du détroit d'Ormuz s'appuient sur leurs stocks constitués pour atténuer l'impact des disruptions d'approvisionnement.

La position de Tokyo reflète la complexité diplomatique d'une démarche officielle adressée à Téhéran dans le contexte géopolitique actuel. M. Motegi n'a pas précisé les alternatives envisagées par le Japon pour assurer son approvisionnement pétrolier. Le détroit d'Ormuz demeure une voie commerciale cruciale pour l'approvisionnement mondial en carburant, concentrant une part considérable des échanges pétroliers internationaux.

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