TotalEnergies réduit ses émissions carbone mondiales de 2 à 3% en 2025
TotalEnergies déclare avoir réduit ses émissions mondiales de gaz à effet de serre de 2 à 3% en 2025, dans son rapport annuel de durabilité. Le bilan s'établit entre 438 et 451 MtCO2e selon le périmètre retenu.
| Secteurs | Carbone, Gaz, GNL |
|---|---|
| Thèmes | ESG & Société, RSE / CSR |
| Sociétés | TotalEnergies |
| Pays | France, États-Unis |
TotalEnergies a publié jeudi son rapport annuel de durabilité, déclarant avoir réduit ses émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) en 2025. Selon ses propres tableaux de comptabilité carbone, le groupe pétrogazier français estime avoir abaissé ses émissions directes et indirectes de 2 à 3% par rapport à 2024, selon les méthodes de calcul et les périmètres retenus. Dans un contexte où le groupe a largement réorienté ses investissements vers le gaz naturel liquéfié (GNL), notamment aux États-Unis, la dynamique des émissions reste contrastée selon les sources d'énergie.
Une empreinte carbone supérieure d'un quart à celle de la France
TotalEnergies chiffre son empreinte totale à 438 millions de tonnes de CO2 équivalent (MtCO2e) — ou à 451 MtCO2e selon le périmètre retenu — ce qui représenterait environ un quart de plus que l'ensemble des émissions de la France sur son territoire. Ce bilan intègre le CO2 issu de la combustion de l'essence, du kérosène et du gaz vendu par le groupe, ainsi que les rejets de méthane susceptibles de s'échapper des forages ou des gazoducs. Le méthane, molécule du gaz naturel, constitue un puissant gaz à effet de serre lorsqu'il fuit directement dans l'atmosphère.
L'essentiel de l'empreinte carbone d'un groupe pétrolier comme TotalEnergies provient des émissions dites indirectes, générées par la combustion des produits fossiles par ses clients — pour alimenter leur voiture ou leur chauffage. Ces émissions de scope 3 s'élevaient à 335 MtCO2e en 2024, en recul de 2% par rapport à l'exercice précédent, selon les données communiquées par le groupe. Les émissions directes liées aux opérations d'extraction et de production — que TotalEnergies en soit l'opérateur ou non — sont déclarées à 42 MtCO2e en 2025, en baisse de 2,3% sur un an.
Gaz naturel : des émissions doublées en dix ans
Sur une décennie, la trajectoire des émissions varie fortement selon la source d'énergie. Si les rejets liés à l'utilisation du pétrole ont reculé, ceux associés au gaz naturel ont été multipliés par deux. TotalEnergies a massivement investi dans le GNL, en particulier aux États-Unis, faisant de cette filière une priorité stratégique du groupe. Cette orientation explique en partie la dynamique divergente entre les deux sources d'hydrocarbures.
Le groupe avance également que la réduction de son bilan carbone résulte de ses investissements dans des projets pétroliers et gaziers qu'il qualifie de « faibles émissions », grâce à des techniques de production moins polluantes. Ces affirmations reposent sur des données auto-déclarées par le groupe. TotalEnergies ne précise pas la contribution respective de chaque levier à la baisse globale de 2 à 3% revendiquée.
Méthane : un objectif 2025 dépassé, cap sur 2030
Sur les émissions de méthane, TotalEnergies indique avoir dépassé en 2025 son objectif de réduction de 60% par rapport au niveau de 2020. Le groupe affirme disposer ainsi d'une avance sur sa trajectoire pour atteindre -80% d'ici 2030. Ces chiffres reposent sur les déclarations propres du groupe, dont la méthodologie de comptabilité carbone peut varier selon le périmètre retenu, comme l'illustre l'écart de 13 MtCO2e entre les deux estimations totales publiées.