Danemark : le climat, première préoccupation de 32 % des électeurs aux législatives
Les Danois votent mardi pour des législatives très serrées, avec 12 partis en lice. Dans ce pays à 90 % d'électricité renouvelable, le climat arrive en tête des préoccupations pour près d'un tiers des électeurs.
| Pays cités | Danemark, États-Unis, Ukraine, Canada, Allemagne |
|---|---|
| Sociétés citées | Vestas |
| Secteur | Enjeux Énergétiques, Climat, Énergie Éolienne |
| Thème | Régulation & Gouvernance, Politique publique |
Les Danois votent mardi pour des élections législatives que les sondages annoncent très serrées, avec 12 partis en lice et une multitude de coalitions gouvernementales possibles. Dans ce pays qui se présente comme un champion des énergies vertes, le scrutin s'ouvre sur fond de préoccupations climatiques marquées : le changement climatique constitue la première préoccupation pour 32 % de la population, selon un récent sondage.
Un modèle énergétique nordique sous examen
En 2025, les énergies renouvelables représentaient environ 90 % de la production d'électricité danoise. Le Danemark est le pays natal de Vestas, numéro un mondial de la fabrication d'éoliennes. Dans un contexte européen où la sécurité d'approvisionnement demeure une préoccupation — comme en témoigne la situation des réserves gazières britanniques, réduites à 1,5 jour face aux chocs énergétiques —, les ambitions climatiques danoises s'imposent par leur ampleur.
Le pays s'est fixé pour objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 70 % d'ici à 2030 et d'atteindre la neutralité carbone en 2045. Malgré ces avancées, le secteur agricole demeure une source majeure de tensions environnementales. La production porcine danoise figure parmi les plus importantes au monde. Le gouvernement sortant a récemment décidé d'instaurer une taxe carbone sur l'agriculture, même si les débats les plus récents ont davantage porté sur la qualité de l'eau potable.
Géopolitique et recomposition des alliances
Membre fondateur de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan), le Danemark a traditionnellement entretenu des liens étroits avec Washington. L'appétit affiché de Donald Trump pour le Groenland — territoire autonome danois s'étendant sur plus de 2 millions de kilomètres carrés dans l'Arctique — a conduit la Première ministre sortante Mette Frederiksen à reconsidérer cette relation. Elle a déclaré publiquement que les États-Unis n'étaient plus l'allié le plus proche du Danemark, bien qu'ils en restent le plus important. Le royaume mise désormais sur la solidarité européenne, notamment pour le soutien à l'Ukraine.
La fermeté de Mme Frederiksen face à Donald Trump lui a valu un regain de popularité auprès des Danois. Sa gestion de la crise en janvier a renforcé sa position dans l'opinion publique, ce qui l'a conduite à convoquer les élections pour le mois de mars, selon les analystes.
Un scrutin à l'issue incertaine
Le Folketing, le parlement danois, compte 179 sièges. Les îles Féroé et le Groenland y disposent ensemble de 4 sièges, qui pourraient s'avérer décisifs dans la formation d'une majorité gouvernementale, au vu de sondages annonçant un résultat très serré. La gestion du dossier arctique et les politiques climatiques figurent parmi les principaux enjeux du vote.
Sur le plan intérieur, l'immigration reste un sujet central. Quasiment tous les partis politiques ont adopté une ligne dure en la matière, tendance ancienne dans ce pays où l'extrême droite est influente depuis la fin des années 1990. Mette Frederiksen elle-même prône l'objectif "zéro réfugié" depuis son arrivée au pouvoir en 2019, bien qu'elle soit à la tête d'un parti social-démocrate.










