Le Japon attribue 6,8 Md$ à JERA et Mitsui pour l’ammoniac bleu américain
Le ministère japonais de l’Économie a octroyé ses premiers contrats pour différence internationaux dans l’hydrogène. JERA et Mitsui importeront 772 000 tonnes d’ammoniac bleu par an depuis la Louisiane à partir de 2030.
| Pays cités | Japon, États-Unis |
|---|---|
| Sociétés citées | Mitsui & Co., JERA, Wood Mackenzie |
| Secteur | Énergie Hydrogène |
| Thème | Investissements & Transactions |
Le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI) a attribué ses premiers projets internationaux d’ammoniac bas-carbone dans le cadre du programme gouvernemental de contrats pour différence (CfD) dédié à l’hydrogène. Selon Wood Mackenzie, cette décision marque un tournant entre des projets domestiques de faible envergure et des chaînes d’approvisionnement internationales à grande échelle. Les deux projets, portés par JERA et Mitsui & Co., prévoient l’importation d’environ 772 000 tonnes d’ammoniac bleu par an, soit l’équivalent de 120 000 tonnes d’hydrogène, depuis la Louisiane aux États-Unis.
Une enveloppe de 6,8 Md$ sur 15 ans
Les livraisons débuteraient entre 2030 et 2031. D’après les estimations de Wood Mackenzie, ces deux projets représenteraient environ 6,8 Md$, soit approximativement 35 % de l’enveloppe totale du programme CfD. Le soutien s’étalera sur une période de subvention de 15 ans, jusqu’en 2045, et sera exécuté par l’Organisation japonaise pour les métaux et la sécurité énergétique (JOGMEC).
Les deux consortiums japonais s’approvisionneront auprès de l’installation Blue Point en Louisiane. Ce projet d’une capacité de 1,4 million de tonnes par an (Mtpa) est développé conjointement avec CF Industries. JERA détient 35 % du capital et prévoit un approvisionnement de 0,5 Mtpa à partir de février 2030, principalement destiné à la co-combustion dans sa centrale au charbon de Hekinan, dans la préfecture d’Aichi.
Mitsui diversifie les débouchés industriels
Mitsui possède 25 % du capital et prévoit de fournir 0,28 Mtpa à compter de janvier 2031. Ces volumes alimenteront principalement Hokkaido Electric Power pour la co-combustion d’ammoniac, le reste étant destiné aux installations d’UBE Mitsubishi Cement et Tosoh. Ensemble, les consortiums japonais ont sécurisé plus de la moitié de la capacité de production de Blue Point, selon Wood Mackenzie.
Le programme CfD japonais s’inscrit dans une enveloppe de soutien à l’hydrogène de 19,2 Md$ (3 000 Md JPY). Après ces attributions, environ 65 % de ce financement resterait disponible pour de futures allocations. Le cabinet d’analyse anticipe que d’autres projets internationaux pourraient suivre à mesure que le Japon intensifie son approvisionnement en hydrogène bas-carbone.
La co-combustion d’ammoniac comme levier
Ces contrats s’appuient sur les capacités techniques japonaises en matière de co-combustion d’ammoniac. La centrale Hekinan de JERA a réalisé la première démonstration mondiale de combustion à 20 % d’ammoniac dans une unité au charbon commerciale, selon l’entreprise. L’exploitation commerciale complète est ciblée pour 2029. Le nouveau soutien CfD étend cette technologie à la centrale Tomato-Atsuma de Hokkaido Electric.
Les attributions CfD s’inscrivent dans un cadre politique intégré. Les unités de Hekinan et la centrale Tomato-Atsuma avaient précédemment obtenu des contrats lors de l’enchère japonaise d’électricité décarbonée à long terme de l’exercice 2023, qui fournit principalement un soutien aux coûts d’investissement. L’annonce du METI suggère que la porte reste ouverte pour des projets supplémentaires. Deux projets domestiques de petite envergure approuvés en septembre 2025 auraient un impact budgétaire limité, selon Wood Mackenzie. L’objectif japonais de 3 millions de tonnes d’hydrogène pour 2030 nécessitera une accélération significative du rythme d’attribution et de développement des projets.










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