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L’accord UE-Mercosur ouvre un quota de 650 000 tonnes d’éthanol brésilien vers l’Europe

L’Union européenne et le Mercosur ont signé leur accord commercial le 17 janvier 2026 à Asunción. Le volet énergétique prévoit un contingent d’éthanol multiplié par six et 2 milliards d’euros pour l’hydrogène vert brésilien.

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L’accord UE-Mercosur ouvre un quota de 650 000 tonnes d’éthanol brésilien vers l’Europe

Pays citésBrésil
Sociétés citéesCosan
SecteurCarburants Alternatifs
ThèmeRégulation & Gouvernance

L’accord d’association entre l’Union européenne et le Mercosur met fin à 25 ans de négociations diplomatiques. L’architecture juridique retenue dissocie l’Accord Commercial Intérimaire (iTA) du pilier politique global, permettant une mise en œuvre anticipée sans attendre la ratification des 27 parlements nationaux. Selon les documents publiés par la Direction générale du commerce de la Commission européenne, seule l’approbation du Parlement européen, prévue pour avril 2026, et celle du Conseil sont requises pour activer le volet commercial.

Un quota éthanol multiplié par près de six

Les exportations réelles d’éthanol brésilien vers l’Union européenne atteignaient environ 111 000 tonnes en 2025, selon les données du Secrétariat du Commerce Extérieur du Brésil (SECEX). Une barrière tarifaire de 0,19 € par litre freinait jusqu’ici les flux. L’accord verrouille désormais un contingent tarifaire global de 650 000 tonnes, soit un potentiel de multiplication par 5,8 des volumes exportés. La répartition du quota distingue deux segments : 450 000 tonnes à droit nul destinées à l’industrie chimique européenne, et 200 000 tonnes à droit réduit pour le marché des carburants.

L’administration douanière prépare techniquement l’ouverture des contingents pour le troisième trimestre 2026. L’exemption totale de taxe sur le segment chimique permettrait aux usines brésiliennes de capter l’intégralité de la marge d’arbitrage entre le coût de production et le prix de vente européen. Des groupes comme Raízen et São Martinho figurent parmi les principaux bénéficiaires potentiels de ce dispositif.

La filière SAF en ligne de mire

L’éthanol de canne à sucre brésilien constitue une matière première pour la technologie Alcohol-to-Jet (AtJ) de production de carburant d’aviation durable (Sustainable Aviation Fuel, SAF). Depuis le 1er janvier 2025, le règlement ReFuelEU Aviation impose 2 % de SAF dans tous les avions décollant de l’Union européenne, un taux qui passera à 6 % en 2030. L’éthanol brésilien affiche généralement une réduction d’émissions de 70 % à 90 % par rapport aux carburants fossiles, répondant aux critères de la directive européenne RED III. La conversion vers le SAF offrirait une marge opérationnelle deux à trois fois supérieure à celle du marché routier, selon l’analyse de la source.

Deux milliards d’euros pour l’hydrogène vert

L’Union européenne a confirmé l’allocation de 2 milliards d’euros via son programme Global Gateway pour soutenir la filière hydrogène au Brésil. L’accord contient des clauses de protection des investissements et d’accès aux marchés publics. Le corridor logistique entre le port de Pecém et celui de Rotterdam fait l’objet de travaux d’accélération pour un futur terminal d’ammoniac vert. Le coût marginal de l’électricité éolienne et solaire dans le Nord-Est brésilien se situe sous les 30 $ par mégawattheure, selon les données citées.

L’accord supprime les droits de douane sur les équipements industriels européens importés au Brésil, notamment les éoliennes et électrolyseurs. En contrepartie, l’ammoniac vert brésilien bénéficierait d’un libre accès au marché européen. Le Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (Carbon Border Adjustment Mechanism, CBAM) taxerait les produits industriels à forte empreinte carbone, renforçant la compétitivité relative des exportations brésiliennes produites avec des énergies renouvelables.

Conformité environnementale et consolidation du marché

Le Règlement européen sur la Déforestation (RDUE) s’applique aux flux générés par l’accord. Chaque litre d’éthanol ou tonne de soja devra être géolocalisé, avec une preuve que la parcelle n’a pas été déforestée après 2020. Cette exigence technique favoriserait les groupes intégrés disposant déjà de systèmes de numérisation satellitaire, comme Raízen, Cosan ou Amaggi. Les producteurs incapables de fournir cette traçabilité risquent d’être exclus du quota européen et redirigés vers des marchés moins rémunérateurs.

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