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L’AIE exhorte l’Europe à accélérer son électrification pour rattraper la Chine

Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie avertit que l’Europe stagne à 20% d’électrification depuis dix ans, contre 32% pour la Chine. Fatih Birol pointe trois erreurs stratégiques majeures du continent.

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L’AIE exhorte l’Europe à accélérer son électrification pour rattraper la Chine

Pays citésChine, Allemagne, Russie, Suède
Sociétés citéesNorthvolt, AIE, Union Européenne
SecteurÉnergie Nucléaire
ThèmePolitique & Géopolitique

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) appelle l’Europe à intensifier l’électrification de son économie. Lors d’un séminaire à Stockholm, son directeur Fatih Birol a souligné l’écart croissant entre le continent européen et la Chine. Selon lui, la part de l’électricité dans la consommation énergétique totale européenne reste à 20%, un niveau inchangé depuis dix ans. La Chine affiche désormais 32%. L’Europe entre dans « l’ère de l’électricité » sans en être le leader, d’après le dirigeant de l’AIE.

Des signaux d’essoufflement dans la transition européenne

L’Union européenne rencontre des obstacles dans ses efforts d’électrification. En décembre, elle a renoncé à son objectif d’interdire la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035, sous la pression du secteur automobile et de l’Allemagne. Berlin jugeait les délais trop courts. Cette décision illustre les tensions entre ambitions climatiques et réalités industrielles.

La faillite du fabricant suédois de batteries Northvolt en mars 2025 constitue un autre revers. L’entreprise, considérée comme un pilier des efforts européens pour concurrencer les fabricants chinois de batteries pour véhicules électriques, a cessé ses activités. Des dettes accumulées et des retards de production ont précipité sa chute.

Trois erreurs stratégiques identifiées par l’AIE

Fatih Birol pointe trois fautes majeures dans les politiques énergétiques européennes des dernières décennies. La première concerne la dépendance excessive envers la Russie pour l’approvisionnement en gaz naturel. La deuxième porte sur l’abandon progressif du nucléaire par plusieurs pays du continent. La troisième touche au retard accumulé dans l’innovation en matière d’énergies renouvelables face à la Chine.

Les données sur le nucléaire illustrent ce déséquilibre. Selon l’AIE, 85% des centrales nucléaires construites dans le monde au cours des cinq dernières années l’ont été en Chine et en Russie. Cette concentration géographique témoigne du recul européen dans cette filière.

Un appel à la diversification énergétique

Le directeur de l’AIE préconise une stratégie de diversification. « Ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier », a-t-il déclaré. Il recommande de ne pas dépendre d’un seul pays, d’une seule route commerciale ou d’une seule entreprise pour les approvisionnements énergétiques. Cette mise en garde intervient dans un contexte international marqué par les crises et les conflits.

Fatih Birol affirme voir « l’avenir de l’Europe comme étant électrique ». Le continent devrait, selon lui, figurer parmi les leaders de cette transformation. L’écart avec la Chine et les difficultés récentes de l’industrie européenne posent la question de la capacité du continent à concrétiser cette ambition.

Énergie Nucléaire