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Le Mexique cherche des intermédiaires privés pour approvisionner Cuba en pétrole

Le gouvernement mexicain est en pourparlers avec plusieurs entreprises privées pour faire transiter du carburant Pemex vers Cuba, confrontée à de sévères pénuries d'énergie depuis janvier.

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Le Mexique cherche des intermédiaires privés pour approvisionner Cuba en pétrole

Secteurs Pétrole, Transport stockage
Thèmes Politique & Géopolitique, Sécurité énergétique
Sociétés Petróleos Mexicanos
Pays Mexique, Cuba, États-Unis, Venezuela, Russie

Le gouvernement mexicain est en discussions avec plusieurs entreprises privées pour permettre à ces dernières d'acheter du carburant auprès de Petróleos Mexicanos (Pemex) et de le revendre à des acteurs privés cubains. La présidente Claudia Sheinbaum a confirmé lundi l'existence de ces pourparlers lors d'une conférence de presse, précisant que "plusieurs entreprises, pas seulement une" avaient manifesté leur intérêt.

Cuba sans importations pétrolières depuis le 9 janvier

L'île, peuplée de près de 10 millions d'habitants, n'a reçu aucune livraison de pétrole depuis le 9 janvier, date à laquelle le Mexique avait effectué son dernier envoi avant d'interrompre ses approvisionnements sous la pression de la Maison Blanche. Les pénuries d'énergie qui en résultent sont décrites comme sévères. La question du brut russe — dont les flux se reconfiguraient déjà à l'international, comme l'illustre l'achat de 2,48 millions de barils par la raffinerie Petron aux Philippines — a été brièvement soulevée par Washington avant d'être rejetée pour Cuba.

Ces négociations s'inscrivent dans un contexte de signaux contradictoires émanant de Washington. Le président américain Donald Trump avait déclaré dimanche qu'un pétrolier russe arrivant à Cuba n'aurait "aucune importance" et qu'il n'y voyait aucun inconvénient, "qu'il s'agisse de la Russie ou non". Le gouvernement américain avait néanmoins précisé le 19 mars que les hydrocarbures russes — dont les sanctions ont entre-temps été partiellement assouplies — ne pouvaient toujours pas être livrés à Cuba ni à la Corée du Nord.

La perte du soutien vénézuélien amplifie la crise

Cuba avait déjà perdu son principal fournisseur régional en janvier, lorsque les forces américaines ont capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro. Caracas assurait l'essentiel des approvisionnements en carburant de l'île depuis 25 ans. La conjonction de la fin des livraisons mexicaines et de la neutralisation de l'axe Caracas-La Havane place Cuba dans une situation d'isolement énergétique inédite, dont l'issue dépend en partie des marges de manœuvre que Washington acceptera de laisser à d'éventuels intermédiaires commerciaux.

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