Le Royaume-Uni réunit 35 nations pour sécuriser le détroit d'Ormuz
Londres convoque une coalition de 35 pays pour rétablir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, quasi-paralysé depuis le début du conflit le 28 février, avec des répercussions directes sur les prix des hydrocarbures.
| Secteurs | Pétrole, Transport stockage, Gaz, GNL |
|---|---|
| Thèmes | Politique & Géopolitique, Sécurité énergétique |
| Pays | Royaume-Uni, Iran, États-Unis, France, Japon |
Le Royaume-Uni a rassemblé 35 nations autour d'une déclaration d'intention commune pour restaurer la sécurité maritime dans le détroit d'Ormuz. Le Premier ministre Keir Starmer a annoncé mercredi que la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper accueillerait une réunion de ces pays au cours de la semaine, une première depuis l'adoption de cette déclaration. La quasi-paralysie du détroit par Téhéran perturbe les marchés du gaz naturel liquéfié (GNL) à l'échelle mondiale : le JKM a doublé, exposant le Japon à une hausse significative de sa facture en GNL. Cette réunion vise à évaluer l'ensemble des mesures diplomatiques et politiques disponibles pour rétablir la liberté de navigation, garantir la sécurité des navires et des marins bloqués et reprendre la circulation des marchandises vitales, selon Keir Starmer.
Un volet militaire en complément de la diplomatie
Des concertations entre les planificateurs militaires des pays membres de la coalition doivent suivre la réunion diplomatique, selon le Premier ministre britannique. L'objectif est d'examiner comment mobiliser les capacités nationales respectives pour rendre le détroit accessible et sûr une fois les combats terminés. Cette double approche, diplomatique et militaire, traduit l'ampleur de la coordination internationale requise face à une crise aux répercussions économiques mondiales.
Le conflit a débuté le 28 février avec des frappes israélo-américaines sur l'Iran. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième de la production de pétrole mondiale ainsi que du GNL, a été quasi-paralysé par Téhéran, provoquant une forte hausse des prix des hydrocarbures. Les négociations entre Washington et Téhéran ont depuis induit des mouvements marqués sur les marchés pétroliers. L'impact économique de cette paralysie se fait sentir à l'échelle mondiale.
Une coalition de 35 pays constituée depuis le 19 mars
Le 19 mars, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon ont diffusé un communiqué commun exprimant leur disponibilité à contribuer aux efforts de sécurisation du détroit. Une trentaine d'autres pays les ont depuis rejoints, portant la coalition à 35 nations. Ces discussions s'inscrivent sous la pression du président américain Donald Trump, qui a exhorté les pays dépendants du transport maritime dans le détroit à se mobiliser pour le débloquer. Le président américain a averti mardi que les États-Unis ne seraient plus là pour aider les pays dont l'approvisionnement en pétrole dépend de ce passage.
Les positions de l'administration américaine sur le dossier iranien continuent de peser sur les marchés pétroliers internationaux. Trump critique également régulièrement la France, le Royaume-Uni et l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (Otan), qu'il accuse de ne pas soutenir suffisamment l'armée américaine dans ce conflit. Dans un entretien au quotidien britannique The Telegraph, il a qualifié l'Otan de tigre de papier et indiqué envisager de remettre en question l'adhésion américaine à l'Alliance après la fin du conflit.
Starmer défend l'Otan face aux remises en cause américaines
Keir Starmer a pris le contrepied de ces déclarations lors de sa conférence de presse à Downing Street. Il a qualifié l'Otan de l'alliance militaire la plus efficace que le monde ait jamais connue, assurant qu'elle assure la sécurité de ses membres depuis plusieurs décennies. Le Royaume-Uni y est pleinement engagé, a-t-il ajouté, dans un contexte de tensions diplomatiques inédites entre Washington et ses alliés européens.