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L'Obrist Group mise sur les Gigaplants pour alimenter l'Europe en méthanol solaire

L'Obrist Group propose à l'Union européenne de construire de grandes installations de production de méthanol en Afrique et au Moyen-Orient, alimentées par une énergie solaire disponible à 0,88 cent par kilowattheure.

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L'Obrist Group mise sur les Gigaplants pour alimenter l'Europe en méthanol solaire

Sociétés citéesObrist Group
SecteurÉnergie Hydrogène, Méthanol, Énergie Solaire, Photovoltaïque
ThèmeInnovation & Transformation, Innovation sectorielle

Thorsten Rixmann, de l'Obrist Group, propose à l'Union européenne (UE) de prendre la tête d'une économie mondiale du méthanol. Son plan prévoit la construction et l'exploitation d'installations massives de production en Afrique et au Moyen-Orient, dans des zones à haute intensité solaire. Baptisées Gigaplants, ces unités ne génèrent pas d'électricité : elles produisent du méthanol, à raison d'environ 4 millions de tonnes par an. Contrairement à l'hydrogène, le méthanol est liquide dans les conditions normales et peut transiter par les infrastructures existantes — pipelines, pétroliers et camions-citernes.

Un procédé intégré : électrolyse, hydrogène et capture de CO2

Le processus Gigaplant repose sur plusieurs étapes enchaînées. L'énergie solaire alimente l'électrolyse de l'eau pour produire de l'hydrogène, qui réagit ensuite avec du dioxyde de carbone capté directement dans l'atmosphère via la technologie de capture directe de l'air (DAC — Direct Air Capture). L'eau nécessaire est extraite de l'air ambiant, une humidité de seulement 10 % suffisant à alimenter le procédé. Ce dispositif permet d'implanter les Gigaplants sur des terres désertiques ou arides, sans entrer en concurrence avec l'agriculture ou les zones habitées. L'Obrist Group indique que le concept a été développé jusqu'au stade de la production industrielle en série et serait prêt au déploiement.

L'Obrist Group avance que le procédé capte davantage de CO2 dans l'atmosphère qu'il n'en libère lors de l'usage ultérieur du méthanol, ce qui lui conférerait un bilan carbone négatif. Le coût du méthanol liquide produit à partir de l'énergie solaire et de l'eau extraite de l'air désertique serait inférieur à 6 cents par kilowattheure (kWh), selon l'entreprise. L'énergie solaire dans les régions ciblées serait disponible à 0,88 cent/kWh.

Comparatif de coûts : un avantage compétitif revendiqué

À titre de comparaison, le coût actualisé de l'énergie (LCOE — Levelised Cost of Energy) des parcs solaires conventionnels se situe entre 3 et plus de 5 cents/kWh. L'éolien terrestre affiche un LCOE d'environ 4 cents/kWh, l'éolien offshore autour de 12 cents/kWh. La biomasse oscille entre 7 et 17 cents/kWh, le gaz naturel entre 8 et 13 cents/kWh, le charbon entre 10 et 20 cents/kWh, et le nucléaire entre 3,5 et 8 cents/kWh. Rixmann en conclut que le concept Obrist génère de l'électricité à moins d'un tiers du coût de la méthode alternative la moins onéreuse.

Rixmann défend l'idée que les Gigaplants bénéficieraient également aux pays hôtes. Les économies africaines pourraient se positionner comme des hubs d'approvisionnement énergétique mondial, tandis que les pays du Moyen-Orient trouveraient dans la production de méthanol une voie de transition progressive hors de l'extraction pétrolière. L'UE devrait, selon lui, conclure rapidement des accords avec des pays partenaires et investir dans une infrastructure mondiale de production, afin d'accroître son autonomie et sa compétitivité énergétiques.

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