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La justice américaine autorise la reprise du projet éolien Revolution Wind d’Orsted

Un juge fédéral a levé la suspension imposée par le gouvernement Trump sur le parc éolien offshore Revolution Wind, achevé à 87%. Orsted et son partenaire Skyborn Renewables peuvent reprendre les travaux de ce projet de 5 milliards de dollars.

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La justice américaine autorise la reprise du projet éolien Revolution Wind d’Orsted

Pays citésAllemagne, Danemark, États-Unis
Sociétés citéesSkyborn Renewables, Orsted, Global Infrastructure Partners
SecteurÉnergie Éolienne
ThèmeRisques & Événements

Le juge fédéral Royce Lamberth, siégeant à Washington, a autorisé la reprise du chantier du parc éolien Revolution Wind, développé par le groupe danois Orsted au large de la côte nord-est des États-Unis. Cette décision, rendue en référé, invalide temporairement l’ordre de suspension émis fin décembre par le gouvernement Trump concernant les grands projets d’éolien en mer. L’administration américaine avait justifié cette mesure par des menaces à la sécurité nationale, sans fournir de précisions supplémentaires.

Un projet à 87% d’achèvement

Selon les documents déposés par Orsted auprès du tribunal, le projet Revolution Wind affiche un taux de réalisation de 87%. L’ensemble des infrastructures de raccordement au réseau serait achevé, seules quelques turbines restant à installer. Le groupe danois indique avoir investi ou mis en réserve plus de 5 milliards de dollars pour ce chantier, dont la construction a débuté en août 2023. Une fois opérationnel, le parc éolien devrait alimenter plus de 350 000 foyers du Rhode Island et du Connecticut, avec une mise en service prévue en 2026.

Revolution Wind constitue une coentreprise détenue à parité par Orsted et Skyborn Renewables, spécialiste allemand de l’éolien offshore. Cette dernière est une filiale de la société d’investissement américaine Global Infrastructure Partners. Dans un communiqué, le groupe a annoncé que le projet reprendrait sa construction dès que possible, tout en cherchant à collaborer avec le gouvernement américain pour trouver une solution durable.

Bras de fer juridique sur l’éolien offshore

Cette décision s’inscrit dans un contexte de confrontation entre l’industrie éolienne et l’administration Trump. Le président américain a pris en janvier 2025 un premier décret interdisant l’octroi de nouveaux permis d’implantation offshore dans les eaux sous juridiction fédérale. Début décembre, une juge fédérale du Massachusetts a déclaré ce décret illégal. Le gouvernement a ensuite surenchéri en ordonnant fin décembre la suspension de tous les projets en cours.

Donald Trump a publiquement affiché son hostilité envers l’éolien, le qualifiant de désastre économique et environnemental. Il a également mis en cause l’esthétique des éoliennes et leurs dommages supposés sur les baleines. L’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) a toutefois précisé qu’aucun lien n’avait été établi entre l’éolien en mer et la mort de cétacés. Plusieurs études indiquent par ailleurs que l’énergie éolienne aux États-Unis coûterait, en moyenne, moins cher que d’autres sources comme le charbon, hors aides publiques.

Sunrise Wind également contesté

Orsted développe un autre projet majeur baptisé Sunrise Wind, au large de Long Island. Ce parc, achevé à près de 45%, devrait alimenter jusqu’à 600 000 foyers de l’État de New York et être opérationnel en 2027. Le groupe danois a également entamé une procédure judiciaire contre le gouvernement américain concernant ce second chantier. L’issue de ces contentieux déterminera la trajectoire de l’éolien offshore américain, alors que l’administration fédérale maintient sa posture restrictive envers le secteur.

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