Washington prend le contrôle du pétrole vénézuélien pour une durée indéterminée
L’administration Trump annonce vouloir dicter les décisions du Venezuela et contrôler la commercialisation de son pétrole. Entre 30 et 50 millions de barils seraient cédés aux États-Unis, selon le président américain.
| Sociétés citées | PDVSA, OPEP |
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| Secteur | Pétrole |
| Thème | Politique & Géopolitique |
L’administration américaine a officialisé mercredi sa mainmise sur le secteur pétrolier vénézuélien à la suite de la capture et de la détention aux États-Unis du président Nicolas Maduro. La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré que Washington continuerait à « dicter » les décisions des autorités vénézuéliennes. Le ministre de l’Énergie Chris Wright a précisé que les États-Unis contrôleraient la commercialisation du pétrole vénézuélien « pour une période indéterminée ».
Un plan en trois étapes selon le Département d’État
Le secrétaire d’État Marco Rubio a présenté la stratégie américaine articulée en trois phases. La première vise la stabilisation du pays. La deuxième, qualifiée de « rétablissement », doit permettre aux entreprises américaines et occidentales d’accéder au marché vénézuélien. La troisième étape concernerait une période de transition, sans calendrier précisé. Selon Karoline Leavitt, il reste « prématuré » d’évoquer l’organisation d’élections.
Donald Trump a affirmé sur son réseau Truth Social que le Venezuela remettrait aux États-Unis « entre 30 et 50 millions de barils de pétrole ». Le président américain a ajouté que cet argent serait « contrôlé par moi » et que Caracas n’achèterait que des produits fabriqués aux États-Unis avec ces recettes, notamment des produits agricoles, des médicaments et des équipements pour les infrastructures énergétiques.
Des réserves colossales mais une production limitée
Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées au monde avec plus de 303 milliards de barils, selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). La production reste toutefois limitée à environ un million de barils par jour, après des décennies de sous-investissement dans les infrastructures. Le ministre Wright s’est dit optimiste quant à la possibilité d’obtenir « plusieurs centaines de milliers de barils par jour de production supplémentaire à court et moyen terme ».
La compagnie pétrolière publique Petróleos de Venezuela (PDVSA) a annoncé négocier la vente de pétrole avec les États-Unis. Donald Trump doit rencontrer vendredi les dirigeants de grands groupes pétroliers américains pour discuter des opportunités au Venezuela.
Tensions sur les capacités de stockage
La pression américaine, notamment au travers de saisies répétées de navires transportant du pétrole vénézuélien, perturbe le secteur. De nombreuses compagnies maritimes ont restreint leurs activités dans le pays. Des sources dans l’État pétrolier du Zulia ont indiqué à l’AFP que les capacités de stockage étaient saturées, évoquant des risques de débordement des réservoirs.
La présidente par intérim Delcy Rodriguez, dont le Wall Street Journal indique qu’elle représentait le scénario privilégié par la Central Intelligence Agency (CIA) en cas de chute de Nicolas Maduro, a estimé que l’échange commercial avec les États-Unis n’avait « rien d’extraordinaire ». Elle a toutefois déploré « une tache » dans les relations bilatérales depuis la capture de l’ancien président.










