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L'Union Européenne écarte le pétrole et le gaz canadiens au profit du renouvelable

Un haut diplomate européen a confirmé que l'Union Européenne donne la priorité aux énergies propres pour atteindre la neutralité climatique en 2050, fermant la porte aux hydrocarbures canadiens malgré la quête active d'acheteurs par Ottawa.

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L'Union Européenne écarte le pétrole et le gaz canadiens au profit du renouvelable

Pays citésCanada, États-Unis, Russie, Chine, Inde
ThèmePolitique & Géopolitique, Diplomatie

Belén Martínez Carbonell, secrétaire générale du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), le corps diplomatique de l'Union Européenne, a déclaré le 27 février lors d'une conférence de presse à Ottawa que Bruxelles accorde la priorité aux énergies propres. La diplomate participait à des échanges de haut niveau avec des responsables canadiens sur des priorités urgentes de politique étrangère et de défense. Ses déclarations interviennent alors que le Canada cherche des acheteurs pour ses hydrocarbures — du bitume au gaz naturel liquéfié (GNL) — dans un contexte de surabondance mondiale des combustibles fossiles.

L'Alberta sous pression face à la chute des prix du pétrole

L'Alberta, province productrice de pétrole, a présenté un budget révélant que la dépression des prix a entraîné une diminution de 5,3 milliards $ (7,5 milliards CAD) des redevances tirées des sables bitumineux. Des frappes américaines récentes sur l'Iran, ainsi que des représailles dans la région, ont déjà pesé sur le marché pétrolier mondial et pourraient provoquer une hausse des prix. L'équation demeure incertaine pour les producteurs canadiens.

Les signaux sont contrastés pour les exportateurs canadiens d'hydrocarbures. Les relations commerciales avec les États-Unis, principal partenaire du Canada, sont marquées par des incertitudes depuis l'élection du président Donald Trump. Cette situation a suscité un intérêt accru pour l'énergie canadienne de la part de la Chine. Le gouvernement indien a également signalé sa volonté d'importer des produits pétroliers et gaziers canadiens, selon des déclarations du haut-commissaire indien faites alors que le Premier ministre Mark Carney entamait une visite dans ce pays.

L'Europe mise sur les renouvelables et le nucléaire

Pour l'Union Européenne, la trajectoire est clairement tracée. «Notre politique est de donner la priorité aux énergies propres, car nous sommes sur la bonne voie pour respecter nos objectifs de 2050», a déclaré Martínez Carbonell. Plus de 70 % de l'électricité européenne provient déjà d'énergies renouvelables ou du nucléaire, notamment de petits réacteurs nucléaires, selon la diplomate. L'UE ambitionne de devenir le premier continent climatiquement neutre au monde d'ici 2050.

L'Europe a accru ses importations de GNL en provenance des États-Unis après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, lorsqu'elle a entrepris de mettre fin à sa dépendance aux hydrocarbures russes. S'appuyer davantage sur des combustibles fossiles comme le GNL, riche en méthane, complique toutefois les objectifs climatiques de l'Union. L'attrait de Bruxelles pour le pétrole et le gaz canadiens reste donc limité.

Le mécanisme carbone aux frontières, un enjeu commercial déterminant

En janvier dernier, l'Union Européenne a activé le Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF), qui instaure un tarif sur les importations de produits à forte intensité carbone tels que l'acier et le ciment. Ce dispositif soulève la question de savoir si la politique canadienne de tarification du carbone sera suffisamment robuste pour préserver des échanges commerciaux solides avec l'Europe. Mark Carney a récemment réformé ce cadre, en supprimant d'abord la taxe carbone applicable aux consommateurs, puis en accordant plus de flexibilité à l'Alberta.

L'ambassadrice de l'Union Européenne au Canada, Geneviève Tuts, a indiqué que les deux parties tiennent de nombreuses discussions sur ce sujet, y compris entre Carney et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. «C'est une question qui revient sans cesse, et des discussions sont en cours pour en tenir compte, pour ajuster le prix», a-t-elle précisé. Le MACF ne devrait pas être abandonné, mais son niveau tarifaire pourrait être revu selon l'évolution des négociations bilatérales.