Les Philippines augmentent leur production charbon pour freiner la hausse des prix
Confrontées à la flambée des prix du GNL liée au conflit au Moyen-Orient, les Philippines envisagent d'augmenter temporairement la production de leurs centrales à charbon, déjà responsables de 60% de l'électricité nationale.
| Pays cités | Philippines, Indonésie |
|---|---|
| Secteur | Charbon, Gaz, GNL |
| Thème | Politique & Géopolitique, Sécurité énergétique |
Les Philippines envisagent d'augmenter temporairement la production de leurs centrales à charbon pour contenir la hausse des prix de l'électricité. La ministre de l'Énergie, Sharon Garin, a annoncé mardi cette orientation en réponse à la flambée des prix du gaz naturel liquéfié (GNL), perturbée par le conflit au Moyen-Orient. L'archipel, qui compte 116 millions d'habitants, affiche des prix de l'énergie parmi les plus élevés d'Asie du Sud-Est.
Une dépendance structurelle au charbon
Le charbon assure déjà environ 60% de la production d'électricité nationale, selon les données officielles. Le pays dépend fortement des importations de combustibles pour alimenter ses centrales électriques, ce qui le rend particulièrement vulnérable aux chocs sur les marchés énergétiques provoqués par les tensions au Moyen-Orient. Ces perturbations pèsent directement sur les prix du GNL approvisionnant l'archipel.
D'autres pays de la région subissent des pressions comparables : le Pakistan, en surplus de GNL, se voit menacé par les perturbations du détroit d'Ormuz. Les chocs sur les routes d'approvisionnement gazier touchent aussi les économies avancées, comme l'illustre la situation gazière du Royaume-Uni. Sharon Garin indique avoir engagé des discussions avec les producteurs d'électricité et les opérateurs de centrales à charbon pour évaluer leur capacité à augmenter leur production.
L'Indonésie comme fournisseur d'appoint
Les Philippines entendent "maximiser" l'utilisation du charbon local, tout en se réservant la possibilité d'accroître leurs achats auprès de l'Indonésie, leur principal fournisseur. Jakarta a assuré Manille qu'aucune limite ne serait imposée aux commandes. Cette garantie renforce la marge de manœuvre des autorités face à la hausse des coûts d'approvisionnement en GNL.
La mesure pourrait entrer en vigueur dès le 1er avril, selon la ministre. Sharon Garin a qualifié cette orientation de "temporaire", sans préciser de durée ni d'objectif de production chiffré. Les Philippines, régulièrement touchées par des coupures d'électricité, cherchent à limiter la répercussion du conflit au Moyen-Orient sur les tarifs facturés aux consommateurs.










