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L’éolien et le solaire dépassent les fossiles dans l’UE avec 30% de la production électrique en 2025

Pour la première fois, l’Union européenne a produit plus d’électricité éolienne et solaire que fossile en 2025. Les renouvelables atteignent 48% du mix électrique, mais la hausse du gaz alourdit la facture d’importation de 16%.

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L’éolien et le solaire dépassent les fossiles dans l’UE avec 30% de la production électrique en 2025

Pays citésAllemagne, Italie, Pologne, États-Unis
Sociétés citéesEmber, AIE
SecteurÉnergie Éolienne
ThèmePolitique & Géopolitique

L’Union européenne a franchi un cap en 2025. Selon le rapport European Electricity Review publié par le centre de réflexion Ember, les énergies éolienne et solaire ont généré 30% de l’électricité des vingt-sept États membres, contre 29% pour les énergies fossiles. Cette inversion marque une première historique pour le bloc européen. En cinq ans, la part de l’éolien et du solaire est passée de 20% en 2020 à 30% en 2025, tandis que les fossiles reculaient de 37% à 29%.

Le solaire progresse de 20% pour la quatrième année consécutive

La croissance repose principalement sur l’énergie solaire, qui affiche une hausse de 20,1% pour la quatrième année consécutive, selon Ember. Le solaire atteint 13% de la production électrique européenne, dépassant le charbon et l’hydroélectricité. En Hongrie, à Chypre, en Grèce, en Espagne et aux Pays-Bas, cette source représente désormais plus d’un cinquième de l’électricité produite.

L’éolien recule de 2% en raison de conditions météorologiques moins favorables, mais reste la deuxième source d’électricité de l’Union européenne avec 17% de la production, devant le gaz. L’hydroélectricité chute de 12%. Au total, les énergies renouvelables représentent 48% du mix électrique européen en 2025.

Quatorze pays ont basculé vers l’éolien et le solaire

Dans quatorze des vingt-sept pays de l’Union européenne, l’éolien et le solaire génèrent désormais plus d’électricité que l’ensemble des sources fossiles. La Suède a franchi ce seuil dès 2010, suivie du Danemark en 2015. La France, le Portugal, l’Espagne et l’Autriche ont basculé en 2023, puis l’Allemagne en 2024 et les Pays-Bas en 2025. L’Italie, la Grèce, la Pologne et l’Irlande produisent encore davantage d’électricité à partir d’énergies fossiles.

Le charbon poursuit son déclin et atteint un plancher historique à 9,2% de la production. Il y a dix ans, cette source représentait près d’un quart de l’électricité européenne. Dans dix-neuf pays de l’Union européenne, le charbon est désormais à zéro ou inférieur à 5%. L’Allemagne et la Pologne, premiers consommateurs européens, enregistrent des niveaux historiquement bas.

La facture gazière grimpe à 32 milliards d’euros

La production d’électricité à partir de gaz augmente de 8% en 2025, principalement en raison de la baisse de l’hydroélectricité. Le gaz reste toutefois 18% en dessous de son pic de 2019. Cette hausse porte la facture d’importation de gaz du secteur électrique européen à 32 Md€, soit une augmentation de 16% par rapport à l’année précédente, d’après Ember. Il s’agit de la première hausse depuis la crise énergétique de 2022. L’Italie et l’Allemagne supportent les coûts les plus élevés.

Les heures de forte utilisation du gaz provoquent des pics de prix sur les marchés de l’électricité. Le prix moyen durant ces périodes augmente de 11% par rapport à 2024. L’Union européenne reste dépendante du gaz importé, qui alimente 16,7% de sa production électrique.

Appels à renforcer la souveraineté énergétique

Le centre de réflexion souligne les risques de chantage énergétique de la part des exportateurs de combustibles fossiles. La dépendance au gaz russe et les pressions pour un approvisionnement auprès des États-Unis constituent des sources de préoccupation dans un contexte de tensions commerciales. Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a plaidé lors du Forum économique mondial de Davos pour que la sécurité énergétique soit élevée au rang d’enjeu de sécurité nationale.

Beatrice Petrovich, auteure du rapport Ember, identifie la réduction de la dépendance au gaz importé comme le prochain défi européen. Le think-tank préconise d’augmenter les capacités de stockage par batteries, de renforcer les réseaux électriques et d’accroître la flexibilité de la demande pour intégrer davantage d’énergies renouvelables et compenser leur intermittence.

Énergie Éolienne