Pays-Bas : une étude évalue le potentiel des SMR en Zélande pour 2035-2040
La province de Zélande a commandé une étude sur le déploiement potentiel de petits réacteurs modulaires. Selon le rapport, ces unités pourraient compléter l’éolien offshore et les futurs grands réacteurs nucléaires prévus dans le pays.
| Pays cités | Pays-Bas |
|---|---|
| Secteur | Énergie Nucléaire |
| Thème | Régulation & Gouvernance |
L’étude SMR Zeeland 2050, réalisée par Tractebel et Haskoning en collaboration avec Impuls Zeeland et Smart Delta Resources, examine les perspectives d’implantation de petits réacteurs modulaires (SMR, Small Modular Reactors) dans cette région du sud-ouest des Pays-Bas. La Zélande abrite l’un des plus grands clusters industriels du pays. Les commanditaires de l’étude considèrent les SMR comme une source potentielle d’énergie, de chaleur de process pour l’industrie et de production d’hydrogène.
Un déploiement commercial envisagé vers 2035-2040
Selon l’étude, le déploiement commercial des SMR interviendrait autour de 2035-2040. Le rapport indique que les entreprises se montrent favorables à cette technologie, mais souligne que le gouvernement devrait prendre l’initiative pour concrétiser ces projets. Jo-Annes de Bat, député provincial, précise que cette étude permet d’explorer si et comment les SMR peuvent contribuer à l’avenir énergétique de la Zélande.
Le rapport préconise une approche par phases. Durant la période 2026-2027, la province de Zélande devrait organiser la coopération entre acteurs publics et privés, actualiser sa vision environnementale et énergétique, et lancer des études de localisation. Cette première phase serait suivie de préparations techniques, d’études de faisabilité et d’une simplification des processus d’autorisation. À partir de 2029, la province pourrait jouer un rôle actif dans la réalisation de projets SMR ou soutenir des initiatives de marché.
Une démarche distincte du programme nucléaire national
L’étude précise que l’exploration du potentiel des SMR en Zélande reste séparée du processus de sélection de sites pour de nouveaux réacteurs nucléaires à l’échelle nationale. Cette initiative régionale ne constitue ni une alternative ni un remplacement au programme national. Le gouvernement néerlandais prend parallèlement des mesures pour préparer le pays au déploiement éventuel de SMR.
Les Pays-Bas exploitent actuellement un seul réacteur nucléaire, une unité à eau pressurisée de 485 MWe située à Borssele et opérée par EPZ. En service depuis 1973, cette centrale représente environ 3 % de la production électrique nationale. Sa fermeture est programmée pour 2033, mais le gouvernement a demandé une prolongation jusqu’en 2054, sous réserve de conditions de sûreté satisfaisantes.
Deux nouveaux réacteurs prévus à l’horizon 2035
La politique de sortie du nucléaire a été abandonnée en décembre 2021 par la nouvelle coalition gouvernementale. Le nucléaire occupe désormais une place centrale dans la politique climatique et énergétique du pays. Deux nouveaux réacteurs d’une capacité comprise entre 1 000 et 1 650 MWe chacun devraient être achevés vers 2035. Ces unités fourniraient 9 à 13 % de la production électrique nationale à cet horizon.
Le cabinet a annoncé en décembre 2022 que Borssele apparaissait comme le site le plus adapté pour ces nouvelles constructions. Trois autres localisations restent à l’étude : Tweede Maasvlakte près de Rotterdam, Terneuzen en Zélande et Eemshaven à Groningen. L’intérêt de la province de Zélande pour les SMR s’inscrit dans ce contexte de relance nucléaire, avec des ambitions complémentaires orientées vers l’approvisionnement industriel et la production d’hydrogène.










