New Hampshire évalue le déploiement de réacteurs nucléaires avancés par décret
Le gouverneur du New Hampshire a signé un décret exécutif mandatant le département de l'Énergie d'évaluer le déploiement de réacteurs nucléaires de nouvelle génération, avec une feuille de route attendue d'ici deux ans.
| Secteurs | Énergie Nucléaire, SMR |
|---|---|
| Thèmes | Régulation & Gouvernance, Politique publique |
| Sociétés | Florida Power & Light Company |
| Pays | États-Unis |
Le gouverneur du New Hampshire a signé un décret exécutif chargeant le département de l'Énergie de l'État d'investiguer les conditions de déploiement de nouvelles capacités nucléaires. Le texte mandate également l'élaboration d'une feuille de route nucléaire à l'échelle de l'État. Dans un contexte de regain d'intérêt mondial pour l'atome, l'industrie nucléaire mondiale attend en 2026 des jalons décisifs dans plusieurs pays. Le New Hampshire tire déjà environ 57 % de son électricité du nucléaire, selon l'Institut de l'énergie nucléaire (Nuclear Energy Institute).
Six axes d'investigation mandatés par le décret
Le texte définit six domaines à examiner : la disposition des développeurs et investisseurs à s'associer avec des services publics réglementés ou à opérer de façon indépendante ; les mécanismes de récupération des coûts protégeant les consommateurs des dépassements budgétaires ; et la capacité des services publics réglementés à construire des infrastructures nucléaires. L'enquête doit aussi identifier les obstacles réglementaires aux niveaux fédéral, étatique et local, les ressources disponibles, ainsi que les stratégies favorables au déploiement. À l'international, les contrats d'approvisionnement nucléaire à long terme se multiplient, comme en témoigne l'accord de 12 ans entre TotalEnergies et EDF pour 400 MW, tandis que d'autres nations engagent des partenariats structurants, à l'instar de l'accord entre le Vietnam et la Russie pour construire deux centrales nucléaires.
Le décret fixe un délai de six mois pour soumettre une feuille de route préliminaire et de vingt-quatre mois pour remettre un rapport final. Ce document devra identifier les étapes, jalons et ressources nécessaires pour attirer et déployer de la production nucléaire dans l'État, tout en garantissant sécurité, conformité réglementaire, rentabilité et adhésion des parties prenantes. Le gouverneur Ayotte a déclaré que les factures d'électricité des habitants du « Granite State » — surnom du New Hampshire — sont « bien trop élevées » et que le nucléaire de nouvelle génération permettrait d'élargir l'offre énergétique et de réduire les coûts pour les ménages. Jared Chicoine, commissaire du département de l'Énergie, indique que la prochaine génération de nucléaire « pourrait apporter des bénéfices économiques à l'État et à la région tout en augmentant la production locale ».
NextEra Energy et la centrale nucléaire de Seabrook
NextEra Energy Resources, avec sa filiale Florida Power & Light Company, exploite la centrale nucléaire de Seabrook, seule installation de ce type dans le New Hampshire. Ce réacteur à eau pressurisée (REP) d'une puissance nette de 1 246 MWe a démarré sa production commerciale en 1990 et bénéficie d'une autorisation d'exploitation jusqu'en 2050. La centrale constitue l'essentiel de la contribution du nucléaire au mix électrique de l'État.
En janvier, NextEra Energy a indiqué pouvoir ajouter jusqu'à 6 GWe de capacité de petits réacteurs modulaires (SMR — Small Modular Reactors) sur ses sites nucléaires existants ou de nouveaux emplacements, principalement pour répondre à la demande des centres de données. La faisabilité de ces projets dépendra notamment des mécanismes de financement et du cadre réglementaire que le New Hampshire entend précisément clarifier à travers cette initiative. Le rapport final, attendu dans vingt-quatre mois, devra également recenser les obstacles persistants au développement nucléaire dans l'État et proposer des stratégies pour les lever.