L'AIE envisage un déblocage record de réserves pétrolières, le G7 se mobilise
Face au conflit opposant les États-Unis et Israël à l'Iran, l'Agence internationale de l'énergie envisage la plus grande libération de réserves pétrolières de son histoire. Emmanuel Macron réunit les dirigeants du G7 pour coordonner la réponse énergétique.
| Pays cités | États-Unis, Iran, France, Israël, Arabie Saoudite |
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| Sociétés citées | ADNOC, Wood Mackenzie, Morgan Stanley |
| Thème | Politique & Géopolitique, Sécurité énergétique |
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a proposé de libérer la plus grande quantité de réserves pétrolières jamais mise sur le marché, selon le Wall Street Journal. Cette initiative vise à contrer les perturbations d'approvisionnement provoquées par le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran. Le volume envisagé dépasserait les 182 millions de barils libérés lors de deux opérations conduites en 2022 après l'invasion russe de l'Ukraine. Ni l'AIE ni la Maison-Blanche n'ont répondu aux demandes de commentaires.
Macron réunit le G7 autour de l'urgence énergétique
Emmanuel Macron accueille mercredi une vidéoconférence des dirigeants du G7 consacrée à l'impact du conflit au Moyen-Orient sur l'énergie et aux mesures envisageables. Des responsables du G7 se sont déjà réunis en ligne pour examiner la libération de stocks d'urgence afin d'amortir le choc sur les marchés. Cette mobilisation diplomatique intervient alors que la stabilité des approvisionnements pétroliers mondiaux est directement compromise.
Les marchés pétroliers affichent une forte volatilité. Le Brent s'échangeait à 87,91 $ le baril à 01h29 GMT, en hausse de 11 cents, soit 0,13 %. Le West Texas Intermediate (WTI) progressait de 7 cents à 83,52 $ le baril, un gain de 0,08 %. Ces deux contrats avaient chuté de plus de 11 % — la plus forte baisse en pourcentage depuis 2022 — après avoir atteint un pic de 119 $ le baril lundi, leur plus haut depuis le 20 juin 2022, avant de se replier à la suite des déclarations de Donald Trump annonçant une fin rapide du conflit.
Infrastructures pétrolières frappées dans la région
La raffinerie de Ruwais, opérée par la compagnie pétrolière d'État émiratie ADNOC, a été mise à l'arrêt après qu'un drone a frappé l'une de ses installations, constituant la dernière perturbation d'infrastructure énergétique liée au conflit. L'Irak, le Koweït et les Émirats arabes unis ont réduit leur production en réponse aux hostilités. L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a augmenté ses livraisons via la mer Rouge, s'appuyant sur le port de Yanbu pour accroître ses exportations et éviter des coupes de production importantes. Ces volumes restent toutefois insuffisants pour compenser la baisse des flux en provenance du détroit d'Hormuz.
Selon le Pentagone et des sources iraniennes, les frappes aériennes américano-israéliennes sur l'Iran mardi ont été les plus intenses depuis le début du conflit. Le Commandement central américain indique avoir éliminé 16 navires iraniens de pose de mines à proximité du détroit d'Hormuz. Donald Trump a averti que tout mouillage de mines par l'Iran dans ce détroit devrait être immédiatement supprimé et a évoqué la possibilité d'escorter les pétroliers à travers la voie maritime. Des sources indiquent toutefois que la marine américaine refuse actuellement les demandes d'escorte du secteur maritime, jugeant les risques d'attaque trop élevés.
Les analystes tablent sur une volatilité prolongée des prix
Tony Sycamore, analyste chez IG Sydney, anticipe une forte volatilité du brut, avec un corridor de négociation compris entre 75 et 105 $ le baril pour les prochaines séances. Wood Mackenzie, cabinet de conseil en énergie, estime que le conflit pourrait propulser les prix du brut jusqu'à 150 $ le baril si l'approvisionnement du Golfe était amputé de 15 millions de barils par jour. Morgan Stanley indique dans une note que « même une résolution rapide implique probablement des semaines de perturbations sur les marchés énergétiques ». Des données de l'American Petroleum Institute (API) citées par des sources de marché confirment que les stocks américains de brut, d'essence et de distillats ont reculé la semaine passée en raison d'une demande accrue.










