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L’interdiction du gaz russe par l’UE ouvre des perspectives stratégiques pour l’Afrique

L’Union européenne bannira les importations de gaz russe dès 2026. Avec 620 000 milliards de pieds cubes de réserves prouvées, le continent africain pourrait devenir un fournisseur privilégié tout en répondant à ses propres besoins énergétiques.

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L’interdiction du gaz russe par l’UE ouvre des perspectives stratégiques pour l’Afrique

Pays citésMauritanie, Mozambique, Sénégal
SecteurGaz
ThèmePolitique & Géopolitique

Le Conseil de l’Union européenne (UE) et le Parlement européen ont signé un accord provisoire en décembre 2025 pour interdire progressivement les importations de gaz russe. Cette décision s’inscrit dans la feuille de route REPowerEU, lancée après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’accord prévoit une interdiction complète du gaz naturel liquéfié (GNL) à partir de 2026 et du gaz acheminé par pipeline à partir de 2027. Les contrats à court terme conclus avant juin 2025 expireront en 2026, tandis que les contrats GNL à long terme seront prohibés dès janvier 2027.

Un marché européen encore dépendant du gaz russe

Les contrats de gaz par pipeline à long terme prendront fin en septembre ou novembre 2027, selon l’atteinte des objectifs de stockage. Les modifications de contrats existants seront strictement encadrées et ne pourront augmenter les volumes. Le pétrole russe représente désormais moins de 3 % des importations européennes. Le gaz russe constitue encore environ 13 % des approvisionnements de l’UE, soit plus de 15 Md€ annuels. La réglementation impose aux États membres de soumettre des plans nationaux de diversification détaillant leurs stratégies de remplacement des fournitures russes.

L’Afrique du Nord dispose d’infrastructures d’exportation établies. L’Algérie, l’Égypte et la Libye assurent les deux tiers de la production continentale. Selon les projections disponibles, la part nord-africaine passerait sous les 40 % d’ici 2035 avec l’émergence d’autres producteurs régionaux. Les producteurs ouest et est-africains de GNL, positionnés sur les routes commerciales atlantiques et de l’océan Indien, pourraient fonctionner comme fournisseurs d’appoint.

Des réserves considérables à développer

L’Afrique détiendrait environ 620 000 milliards de pieds cubes (tcf) de réserves de gaz prouvées. Le bassin de Rovuma, au large de la Tanzanie et du Mozambique, contiendrait 129 tcf. Le delta du Niger au Nigeria représenterait 113 tcf. L’année 2025 a vu le démarrage du projet Greater Tortue Ahmeyim (GTA) en Mauritanie et au Sénégal, ainsi que le lancement de Congo LNG Phase 2 et la reprise des projets Mozambique LNG et Rovuma LNG.

Le continent africain fait face à un défi d’équilibrage. Plus de 600 millions de personnes n’ont pas accès à l’électricité et 900 millions manquent de solutions de cuisson propres. D’ici 2050, la demande africaine de gaz augmenterait de 60 %, selon les estimations sectorielles. Le projet GTA prévoit 35 millions de pieds cubes standard par jour pour l’usage domestique de chaque pays partenaire, en parallèle des exportations.

Un modèle contractuel en mutation

L’intégration d’obligations de marché domestique dans les projets GNL gagne du terrain. Cette approche lie directement croissance des exportations et disponibilité du gaz pour les marchés locaux. NJ Ayuk, président exécutif de l’African Energy Chamber, indique que les ressources gazières africaines doivent servir en priorité les besoins du continent. La conférence African Energy Week 2026 réunira décideurs, producteurs et financiers pour définir le positionnement africain dans ce contexte énergétique fragmenté. L’Europe cherche désormais des fournisseurs fiables capables de livrer des volumes à long terme dans des cadres réglementaires transparents.

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