Macron réunit le G7 face à la crise iranienne et pétrolière
Emmanuel Macron convoque les dirigeants du G7 pour une conférence d'urgence sur la crise iranienne et la volatilité des prix du pétrole, tandis que les Gardiens de la Révolution imposent Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême de l'Iran.
| Pays cités | France, États-Unis, Iran, Canada, Japon |
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| Thème | Politique & Géopolitique, Sécurité énergétique |
Emmanuel Macron devrait présider, mercredi, une conférence téléphonique avec les dirigeants du Groupe des Sept (G7) consacrée à la crise en Iran et à la montée des prix de l'énergie. La France assure actuellement la présidence du G7, qui rassemble notamment les États-Unis, le Canada et le Japon. La réunion intervient alors que le bloc cherche à coordonner sa réponse à l'envolée des cours pétroliers provoquée par le conflit américano-israélien contre l'Iran.
Les ministres de l'énergie échouent à s'accorder sur les réserves stratégiques
Les ministres de l'énergie du G7 n'ont pas réussi à s'entendre mardi sur un déblocage des réserves stratégiques pétrolières. Ils ont demandé à l'Agence internationale de l'énergie (AIE) d'évaluer la situation avant toute décision coordonnée. Les prix du pétrole ont atteint des sommets proches de quatre ans lundi, avant de chuter de 11 % le lendemain, après que le président américain Donald Trump a déclaré que le conflit au Moyen-Orient pourrait prendre fin prochainement. La volatilité des marchés reflète l'incertitude persistante sur les approvisionnements mondiaux.
Des responsables américains examinent également des mesures pour maintenir la fluidité du trafic dans le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique par laquelle transite une part importante des exportations pétrolières mondiales. Ces options incluraient une escorte navale pour les navires commerciaux ainsi que la mise en place d'assurances guerre pour les pétroliers. Ces initiatives viseraient à rassurer les armateurs et à prévenir de nouvelles perturbations dans l'approvisionnement énergétique mondial. La sécurisation du détroit demeure un enjeu central de la crise.
Les Gardiens de la Révolution imposent Mojtaba Khamenei à la tête de l'Iran
Des sources iraniennes de haut rang indiquent que les Gardiens de la Révolution islamique ont pesé de tout leur poids pour faire désigner Mojtaba Khamenei comme nouveau guide suprême de l'Iran. L'Assemblée des experts a annoncé ce choix dimanche soir. Selon ces sources, les Gardiens considèrent Mojtaba Khamenei comme un successeur disposé à soutenir leur ligne dure, écartant les réserves de responsables politiques et de clercs dont l'opposition aurait retardé l'annonce de plusieurs heures. Le Corps des gardiens aurait encore renforcé son emprise depuis le début du conflit.
À la nuit de mardi, Mojtaba Khamenei n'avait toujours pas pris la parole publiquement, près de 48 heures après sa désignation, intervenue durant un conflit qui a fait plus de 1 000 morts iraniens. Des rumeurs persistantes font état d'une possible blessure lors des frappes qui ont coûté la vie à son père, le 28 février. Un présentateur de la télévision d'État iranienne l'aurait décrit comme un « janbaz », terme désignant les vétérans blessés de guerre, semblant accréditer ces informations. Sa sécurité personnelle et ses craintes d'attentat pourraient également expliquer ce silence.
Un durcissement politique redouté par les sources iraniennes
Trois sources, dont un ancien responsable réformateur et un initié du régime, estiment que la nomination de Mojtaba Khamenei, portée par les Gardiens, pourrait orienter l'Iran vers une politique étrangère plus agressive et une répression intérieure accrue. Deux d'entre elles redoutent que la domination des Gardiens sur l'appareil d'État ne réduise encore la base sociale du régime, laissant moins de marges pour répondre aux menaces complexes auxquelles le pays est confronté. Alex Vatanka, chercheur senior au Middle East Institute de Washington, note que feu l'ayatollah Ali Khamenei parvenait à contrebalancer l'influence des Gardiens en les mettant en balance avec les élites politiques et cléricales. Selon une source, les Gardiens pourraient désormais avoir le dernier mot sur les grandes décisions.
Les tensions internes illustrent la fragilité de la nouvelle direction iranienne. Le président Masoud Peshkian, membre du triumvirat mandaté par les Nations unies pour assurer la gouvernance intérimaire, a été contraint de présenter des excuses aux États du Golfe après des propos jugés offensants. Des sources proches des Gardiens signalent que ces derniers ont vivement désapprouvé cet acte de contrition. La coexistence entre l'exécutif civil et les structures militaro-religieuses reste une source de tension structurelle au sein de la République islamique.










