L'Afrique du Sud ouvre la sélection d'un partenaire pour son premier réacteur SMR
Necsa, entité publique sud-africaine, a lancé un appel à manifestation d'intérêt pour identifier des partenaires capables de déployer un réacteur SMR. L'objectif est de produire électricité, chaleur industrielle et isotopes, dans le cadre du plan nucléaire national.
| Secteurs | Énergie Nucléaire, SMR |
|---|---|
| Thèmes | Développement de projets, Tenders |
| Sociétés | Eskom, South African Nuclear Energy Corporation, PBMR Ltd |
| Pays | Afrique du Sud, Allemagne |
La Société nationale de l'énergie nucléaire d'Afrique du Sud (Necsa) a lancé un appel à manifestation d'intérêt (AMI) pour identifier des partenaires technologiques capables de déployer un réacteur de petite et moyenne puissance (SMR, pour Small Modular Reactor) sur le territoire national. L'initiative vise à produire conjointement de l'électricité, de la chaleur industrielle et des isotopes. L'AMI constitue la première étape d'un processus structuré devant mener à l'émission d'une demande formelle de propositions (RFP).
Critères de préqualification et cadre de sélection
Selon les documents publiés par Necsa, l'AMI préqualifiera les candidats selon cinq critères : l'alignement du design de réacteur sur la politique nucléaire sud-africaine, la maturité technologique pour un déploiement en temps voulu, la solidité financière à long terme, l'engagement en matière de transfert de propriété intellectuelle et la diversification des applications pour maximiser les bénéfices socio-économiques. Seuls les candidats satisfaisant à ces critères seront invités à l'étape RFP. L'approche reflète une tendance observée dans plusieurs pays cherchant à encadrer l'émergence des SMR : New Hampshire a récemment lancé une évaluation du déploiement de réacteurs nucléaires avancés par décret.
Le directeur général de Necsa, Loyiso Tyabashe, indique que la démarche vise à «recueillir des informations détaillées sur les technologies SMR disponibles, leur maturité, leurs expériences en matière de licences et leur état de préparation au déploiement». Le président du conseil d'administration, David Nicholls, décrit l'AMI comme un mécanisme de préqualification fondé sur «l'alignement avec la politique nucléaire sud-africaine, la maturité technologique et la capacité financière à long terme». Necsa entend également «participer à la chaîne d'approvisionnement mondiale des SMR» et contribuer au plan national d'industrialisation nucléaire, selon son directeur général.
Un plan national ciblant 5 200 MW de nouvelle capacité nucléaire d'ici 2039
L'initiative s'inscrit dans le cadre du Plan de ressources intégré (PRI) publié en octobre dernier, qui prévoit 5 200 mégawatts (MW) de nouvelle capacité nucléaire d'ici 2039. Le document envisage un scénario plus ambitieux atteignant 10 000 MW, conditionné à la viabilité économique du rétablissement du cycle du combustible nucléaire dans le pays. Le PRI inclut le développement d'un Programme d'industrialisation nucléaire pour cartographier la capacité minimale permettant des économies d'échelle sur l'ensemble de la chaîne de valeur du combustible.
L'Afrique du Sud cible la démonstration de réacteurs nucléaires polyvalents d'ici 2032 et la neutralité carbone d'ici 2050. Ces objectifs s'inscrivent dans une dynamique plus large : l'industrie nucléaire mondiale attend en 2026 des jalons décisifs de Rooppur à Onkalo, dans un contexte où plusieurs marchés émergents relancent leurs ambitions atomiques.
Le PBMR sorti de conservation après quinze ans d'abandon
Parallèlement, le gouvernement sud-africain a décidé en novembre dernier de sortir le Réacteur modulaire à lit de boulets (PBMR) de son état de conservation et de transférer la société PBMR d'Eskom à Necsa. Ce réacteur à haute température à petite échelle utilise du combustible uranium oxycarbure sphérique revêtu de graphite à structure tristructurale isotrope (TRISO), avec de l'hélium comme caloporteur. Il est capable de fournir à la fois de la chaleur industrielle et de l'électricité, sur la base d'une technologie allemande éprouvée.
L'Afrique du Sud travaille sur ce programme depuis 1993 et PBMR Ltd a été créée en 1999 pour développer et commercialiser le réacteur. Le gouvernement avait formellement décidé en 2010 de ne plus investir dans le projet, le plaçant alors en mode de conservation. La relance simultanée du PBMR et de la procédure AMI pour les SMR traduit la stratégie de Pretoria pour bâtir une capacité industrielle nucléaire nationale intégrant l'ensemble de la chaîne de valeur.